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histoire originale par Andrej Koymasky


pin LE GARÇON-PÈRE CHAPITRE 6
UN AMOUR UNILATÉRAL

Rinaldo s'occupait de l'appartement avec soin et attention, tout était extrêmement propre et bien rangé. Il aimait s'occuper de la maison et il apprenait à cuisiner de mieux en mieux.

Quand il ne devait pas réviser, ou quand il faisait une pause, Léonardo jouait avec plaisir avec Marco qui grandissait, gentil, beau et intelligent, il poussait littéralement à vue d'œil. Le garçon avait maintenant deux ans et trois mois.

Rinaldo et Léonardo faisaient l'amour presque toutes les nuits, à leur grand plaisir réciproque. Parfois Rinaldo restait presque toute la nuit dans le lit de Léonardo, n'en sortant qu'au petit matin. D'autres fois par contre, un peu après avoir fait l'amour, il rentrait dans sa chambre et dormait dans son lit, près de celui de Marco.

Le jeune papa de Marco était de plus en plus fasciné par Léonardo, pas seulement par sa beauté et sa façon de faire l'amour, mais aussi par son élégance, sa culture et son intelligence. Et la belle relation qui s'installait et se renforçait entre lui et son fils lui plaisait aussi beaucoup.

Tout cela avait peu à peu conduit Rinaldo à tomber amoureux de son ami. Il ne s'en rendit pas compte tout de suite, parce que son sentiment grandit graduellement, mais soudain, dans un mélange de stupeur et de plaisir, alors qu'il analysait tout seul leur rapport, il le comprit.

Mais à l'instant même où il s'était avoué à lui-même être à présent amoureux de Léonardo, il avait aussi clairement compris que ce dernier, bien qu'ayant avec lui un rapport serein et amical, ne partageait absolument pas son sentiment.

Il se dit d'abord que ce n'était peut-être qu'une question de temps, qu'il ne pouvait pas "prétendre" que son sentiment soit partagé. Il pensa qu'il ne devait pas lui dire qu'il était amoureux de lui, pour ne pas le mettre mal à l'aise, le faire se sentir presque "obligé" de partager son amour.

Parfois, quand il était seul à la maison avec Marco, il faisait avec lui de longs soliloques. Bien sûr l'enfant n'était pas en mesure de comprendre, mais le fait d'en parler était pour Rinaldo comme un défoulement et une réflexion à haute voix. Il avait d'ailleurs toujours eu l'habitude de parler avec Marco de tout, même avant qu'il ne sache parler.

"Tu vois, Marco, Léonardo est beau et gentil, mais il semble ne même pas s'apercevoir à quel point je l'aime. Pour lui c'est bien comme ça, je tiens la maison propre, je fais tous les travaux, il passe de bons moments avec moi... Tu sais, je me plains pas... Après tout, ça me va à moi aussi, et surtout, grâce à lui, on peut enfin être ensemble, toi et moi. Ça je lui en suis reconnaissant, bien entendu.

"Mais... tu sais, quand ses copains de fac viennent ici pour réviser avec lui, pour préparer un examen, il me présente même pas comme un simple ami, mais comme... le garçon qui fait le ménage, l'assistant domestique. Oui, c'est vrai, au fond il me verse un salaire, on a signé un contrat, mais... il ne voit pas comme je l'aime.

"Qu'est-ce que je peux y faire ? Je suis sûr que ça servirait à rien que je lui en parle, je suis sûr qu'il comprendrait pas. Au moins, avec toi il est affectueux et attentif, presque autant que moi, et ça c'est bien. Oui, Léonardo t'aime bien... Si seulement il m'aimait bien moi aussi... Mais on dirait qu'il a honte de moi, devant ses amis ou ses copains !

"C'est vrai, je suis pas instruit comme lui, mais... C'est pas qu'il me traite mal, il est jamais grossier avec moi, c'est vrai. Il critique jamais ce que je fais... mais il me dit jamais non plus des choses gentilles devant ses amis. La seule gentillesse qu'il a eue pour moi, c'était cette rose rouge qu'il m'a donnée la première fois qu'il est venu nous voir..."

Marco, tranquille, continuait à jouer et, de temps en temps, serein, il regardait vers son père, puis il se replongeait dans ses jeux simples, tandis que Rinaldo, occupé au ménage de la maison, se déplaçait dans la pièce et continuait à parler à son fils : c'était sa façon à lui de s'épancher.

"Ça pourrait être qu'il a peur que ses amis comprennent ce qu'il y a entre lui et moi... Peut-être qu'il a pas honte de moi juste parce que j'ai pas fait d'études, mais qu'il a aussi honte de ce qu'on fait au lit... Mais non, c'est pas que ça, parce que quand son copain Gianfranco vient ici, celui qui est comme nous, ça change rien. Mais quand il n'y a que lui, là au moins il pourrait me traiter un peu mieux, non ?

"Il parle de ces choses, avec lui, hein ? Mais il lui a jamais dit qu'il les fait avec moi... Du moins pas quand je les entendais. C'est pas que j'y tienne, Marco, tu sais... Si j'étais pas tombé amoureux de lui, je crois que ça me serait égal. Oui, non, peut-être que j'y tiens un peu, sinon je serais pas là à me lamenter.

"Le fait est que je peux en parler à personne, à part toi, même si tu piges pas un mot... je te parle et tu peux même pas me donner un avis, un conseil. Oui, c'est peut-être ça, avec lui... ici... je me sens un peu seul. Au boulot, c'est sûr que je ne pouvais pas parler de ça, d'accord, mais au moins on parlait.

"Mais c'est vrai aussi que je préfère travailler pour Léonardo, au moins je peux rester avec toi. Ça, honnêtement, je dois lui en être reconnaissant. Après tout, il se passait bien de moi avant, non ? Autant pour le ménage que pour le reste, au lit... Depuis qu'on est là, il ramène plus aucun garçon à la maison. Pour ça au moins, je lui suffis.

"Mais oui, il suffit peut-être que je sois patient. Il est pas méchant, Léonardo, au contraire... peut-être juste un peu égoïste, va savoir... Merde, Marco ! Si au moins j'étais pas si amoureux de lui... je me ferais peut-être pas autant de nœuds au cerveau. Bon, il vaut sans doute mieux que je me calme et que j'accepte la situation. Après tout, on n'est pas mariés, Léonardo et moi ! Je ferais sans doute mieux d'arrêter de jouer la nana hystérique !"

Quand, après avoir couché Marco et lui avoir raconté une histoire, ils se retrouvaient pour faire l'amour, Rinaldo oubliait tous ces soucis : Léonardo continuait à lui offrir de très beaux moments de plaisir ainsi que de tendresse. Quand il pouvait s'endormir dans ses bras, il se sentait bien.

Quand ils étaient seuls à la maison, les choses ne se passaient pas mal. Ce n'était que quand venaient des amis ou des copains de Léonardo que Rinaldo se sentait mis à l'écart. C'est alors que revenaient, à chaque fois plus amers, tous ses soucis.

Puis, quand vint l'été, Léonardo l'informa qu'il allait partir pour un peu plus d'un mois, Rinaldo en fut un peu déçu. Bien qu'il n'y ait pas pensé consciemment, il s'était attendu à ce que son ami lui propose de passer au moins une partie des vacances avec lui, de partir quelque part tous les trois...

Pendant ce long mois, Marco ne cessa pas de lui demander où était Léonardo, quand il rentrerait...

"Il te manque à toi aussi, mon amour, n'est-ce pas ? Que veux-tu y faire, Marco, Léo est comme ça... C'est lui avant tout. Puis il y a ses amis, puis toi, et en dernier moi. D'accord, je préfère que ce soit toi d'abord et moi après. Au fond je lui suis reconnaissant de t'aimer, j'en suis content. Oui, je suis idiot d'être tombé amoureux de lui... Mais qu'y puis-je ? J'ai quand même pas décidé de tomber amoureux de ce grand con !"

Pendant ce long mois d'absence de Léonardo il y avait peu de travail à la maison et Rinaldo en profitait pour passer de longues heures au parc voisin à jouer avec Marco et le faire jouer avec d'autres enfants. Il se disait qu'il serait important pour Marco d'aller à la crèche, de pouvoir être plus souvent avec d'autres enfants et se socialiser. Il comprenait qu'il n'était pas bon qu'il grandisse avec Léonardo et lui comme seuls compagnons de jeu.

Il aimait le regarder jouer avec d'autres enfants... comme il aimait le regarder jouer avec "son" Léonardo...

Finalement Léonardo revint à la maison. Il était bronzé, plus beau que jamais, et il suintait la joie et la santé par tous les pores. Il avait apporté un cadeau pour Marco, un jouet en bois fait main, qu'il avait acheté en Grèce.

"Tu t'es amusé ?" lui demanda Rinaldo.

"Pas mal. A l'hôtel j'ai rencontré un groupe d'étudiants canadiens, tous gays... alors nous avons pu passer de belles journées ensemble. On allait tous bronzer à la plage naturiste, puis le soir on allait danser, dans un pub, ou nous balader... oui, je me suis bien amusé."

"Tu as eu des aventures ?" lui demanda Rinaldo.

"Juste deux ou trois... une fois un garçon grec, une autre l'un des canadiens..."

Rinaldo se sentit un peu jaloux, mais il s'imposa de ne rien dire, de ne pas le laisser voir.

"Et vous deux ?" demanda Léonardo.

"Nous deux ? On allait tous les jours au parc, chercher un peu le frais... et faire jouer Marco avec d'autres enfants... Marco n'a fait que te demander... tu lui as manqué..."

"Et à toi ? Je ne t'ai pas manqué ?" lui demanda Léonardo avec un sourire malicieux.

"Si... moi je n'avais pas de garçon grec ou canadien, ici..." répondit-il spontanément, puis il se mordit la langue : il ne voulait pas paraître jaloux.

"Tu aurais aimé ?" lui demanda Léonardo avec une gaité un peu malicieuse.

"J'aurais préféré t'avoir toi."

"Mais tu m'as dans les pattes presque toute l'année, ça ne te suffit pas ?"

"Si... je m'en contente, bien sûr. Après tout on n'est pas mariés..." lui répondit Rinaldo en essayant de donner un ton insouciant à sa réponse.

"Moi je crois que même des époux feraient mieux de se prendre un moment séparés de temps en temps, tu ne crois pas ?"

"Pour que chacun puisse avoir ses aventures ?" répliqua Rinaldo.

"Mais non, quel rapport ? Quoi qu'il en soit, on n'est pas mariés toi et moi. Tu n'es quand même pas jaloux de mes petites histoires ?"

"Jaloux ? Mais allons ! Au pire... envieux." essaya de plaisanter Rinaldo. "Ils étaient beaux, au moins ? Ils baisaient bien ?"

"Le grec baisait bien et le canadien était beau. Mais tu vaux mieux qu'eux deux ensembles. Vraiment."

Léonardo dit ces mots d'un ton sérieux et ça fit plaisir à Rinaldo. Avec un peu de malice, il lui demanda : "Tu as envie ? de moi ?"

"S'il n'était pas là..." dit-il en désignant d'un geste de la tête Marco qui jouait avec son nouveau jouet, "je te le ferais voir tout de suite !"

"Alors, malgré tes petites histoires, je t'ai manqué, au moins un peu..."

"Mais ce soir on rattrape ça, hein ?" lui dit son ami en lui faisant une pichenette.

"Je sais pas si j'ai envie..." répondit Rinaldo d'un ton à moitié sérieux.

Léonardo le regarda un peu surpris, puis il sourit : "Mais allez, moi je crois que tu en as encore plus envie que moi !"

"Qui sait ? Après tout, on ne se nourrit pas que de baise !"

"On devrait peut-être faire plus attention à notre langage... Il grandit et tôt ou tard il comprendra, tu ne crois pas ?"

"Tu aurais honte devant lui ? Pas moi."

"Je ne sais pas. Il me semble que devant un enfant il vaut mieux ne pas évoquer certains sujets... ni faire certaines choses."

"Mais enfin... moi aussi j'en ai envie... depuis un mois..."

Léonardo sourit puis il lui demanda : "Tu as déjà préparé quelque chose pour le dîner ?"

"Non, pas encore. Qu'est-ce que tu veux que je prépare ?"

"Je me disais qu'on pourrait aller manger quelque part. C'est moi qui invite, bien entendu. Ça t'irait ?"

"Pourquoi pas..."

"Pizzeria ou restaurant ?"

"Comme tu veux. Pour Marco non plus ce n'est pas un problème, maintenant il mange un peu de tout."

Vers la fin du dîner, deux amis de Léonardo entrèrent. Ils se mirent à discuter tous les trois... Léonardo ne les présenta pas à Rinaldo, plus, il sembla même les avoir oubliés tous les deux. Rinaldo se sentit blessé : que lui coûtait de le présenter comme un ami ? Il essaya de ne pas y penser, il prit Marco par la main et sortit du restaurant pour marcher devant...

Peu après Léonardo sortait : "Ah, je me demandais où vous étiez passés... On rentre à la maison ?"

"Oui, Marco s'écroule, il est un peu tard pour lui."

Ils partirent vers la maison en silence, en tenant par la main le garçon, entre eux.

"Qu'est-ce que tu as, Rinaldo ?"

"Moi ? Rien."

"Tu es sorti comme ça, soudain, sans rien dire..."

"Je me suis dit qu'il valait mieux que je fasse un peu marcher Marco. Et puis... qu'est-ce qu'on avait à faire là, rester à écouter ? Pour tes amis je n'étais qu'un étranger, après tout, n'est-ce pas ? Tu ne nous as même pas présentés..."

"C'est que je ne savais pas comment te présenter..."

"Ton serviteur et son fils, c'est pas ça ?" répondit-il, un peu acide.

Léonardo ne répondit pas, mais il sentit une certaine dureté dans sa voix.

Une fois à l'appartement, Rinaldo changea Marco pour la nuit, le coucha et commença à lui raconter son histoire du soir. Quand le garçon s'endormit, Rinaldo se leva et se retourna : Léonardo était là, adossé au montant de la porte, et il les regardait.

"Ah, t'es là ?"

"Il s'est endormi ?"

"Oui."

"Alors... tu as envie de venir par là ?"

"Où ?"

"Dans ma chambre... tu sais bien."

"Non, je sais pas."

"Tu es en rogne contre moi parce que je ne t'ai pas présenté à mes amis..."

Ce n'était pas une question, se dit Rinaldo, et il ne répondit pas.

"Viens, allez. Je crois qu'il vaut mieux qu'on en parle."

"De quoi ?"

"Tu le sais."

Léonardo s'éloigna. Rinaldo, après une courte hésitation, le suivit. Léonardo n'alla pas dans sa chambre mais au séjour, il s'assit sur le sofa et fit signe à Rinaldo de s'asseoir à côté de lui. Ce dernier préféra aller s'asseoir sur le fauteuil.

"T'es vraiment en rogne..." remarqua alors Léonardo.

"C'était un peu comme si on était devenus transparents tous les deux, au restau, quand tes amis sont arrivés."

"Je ne l'ai pas fait exprès..."

"Tu as dit que tu savais pas comment nous présenter... T'avais qu'à dire : Rinaldo, Marco... et les présentations étaient faites. T'étais même pas obligé de leur dire à tous que je suis ton serviteur et aussi le garçon que tu baises..."

"Je ne pense à toi ni comme à mon serviteur ni comme au garçon que je baise."

"Mais je suis l'un et l'autre. Ton serviteur, on a même signé un contrat en bonne et due forme, non ? Et le garçon que tu baises... on va quand même pas le nier !"

"Putain, Rinaldo, je ne vois vraiment pas pourquoi tu es si furieux contre moi. Qu'est-ce que j'ai fait ? Je n'ai pas l'impression de t'avoir manqué de respect, après tout."

"Quand tu te comportes comme ce soir au restau, quand tout d'un coup tu m'ignores... ou comme quand tes amis ou tes copains viennent ici... je me sens de trop. J'ai presque l'impression que tu préfèrerais que je sois pas là, dans tes pattes."

"Mais non... C'est que je suis un peu gêné, que je ne sais pas comment justifier que vous viviez ici avec moi... Si on pouvait dire à tout le monde : regardez, on est pédés tous les deux et on aime baiser ensemble... il n'y aurait aucun problème."

"Tu as honte de moi."

"Mais non..."

"Alors de ce qu'il y a entre nous. T'avais qu'à y penser avant de me proposer de venir ici ! Après tout, c'est pas moi qui te l'ai demandé. Enfin, si tu veux on peut partir."

"Mais ne dis pas de conneries. Je suis content que vous soyez là."

"Ça m'a pas l'air."

"Mais allez, Rinaldo... Tu sais ce que tu me plais... Tu sais ce que je suis content d'être avec Marco, n'est-ce pas ?"

"Oui, bien sûr, avec Marco t'as pas à avoir honte !"

"Mais avec toi non plus. Mais c'est difficile, dans notre société... pour deux pédés..."

"C'est ça, maintenant c'est la faute de la société. La société c'est nous, pas quelque chose de loin, là-bas dehors... Je t'ai dit, si tu veux qu'on s'en aille..."

"Rinaldo, non. Je suis content de vous avoir avec moi. Tu n'es pas un serviteur pour moi, ni le garçon que je baise quand ça me démange. Tu es un vrai ami, pour moi, et j'aime Marco. Rentrer chez moi et savoir que vous y êtes tous les deux, c'est bon."

"Tant que tes amis ne sont pas dans le coin..."

"Viens ici, Rinaldo..." fit Léonardo d'un ton suppliant.

Il ne bougea pas. Alors Léonardo se leva et vint s'asseoir sur les genoux de Rinaldo, le prit dans ses bras et posa la tête contre la sienne.

"Je suis désolé si je t'ai offensé. Je ne voulais pas. Oui, tu as raison, j'aurais bien pu dire tout simplement que tu es un ami à moi, après tout c'est vrai. Allez, Rinaldo... me fais pas la tête..."

Rinaldo ferma les yeux et lâcha un petit soupir, puis il demanda, à voix basse : "T'as envie de baiser ?"

"Quel rapport ?" demanda Léonardo.

"Moi oui, j'ai envie de baiser. Allez, on va dans ta chambre. C'est pas la meilleure façon de tout oublier ?"

"D'abord, embrasse-moi..." dit alors Léonardo.

Rinaldo fit un petit sourire, puis posa un bisou mouillé sur le bout du nez de son ami.

"Eh, pas comme ça !" protesta Léonardo sur le ton de la plaisanterie.

"Et pourquoi pas ? Quand c'est Marco, tu ne râles pas !"

"Mais je n'ai pas envie de baiser avec lui... Avec toi, oh que si." répondit Léonardo à voix basse en caressant son ami sous son T-shirt, sur la peau nue.

Rinaldo baissa complètement les armes devant les agréables attentions de Léonardo. Il était tranquille et détendu entre ses bras. Leurs langues se frottèrent, légères, et la pointe de la langue de Rinaldo sortit et s'insinua au-delà des dents de Léonardo pour rencontrer sa langue et jouer avec elle.

Les mains de Léonardo se posèrent sur la taille de Rinaldo, glissèrent sur son ventre plat et suivirent la légère ligne duveteuse sous le nombril, disparurent sous son jeans. Rinaldo l'ouvrit pour faire de l'espace aux mains inquisitrices du garçon qu'il aimait. Alors Léonardo le fit glisser, avec le slip. Rinaldo finit de l'enlever. Puis il enleva le T-shirt de Léonardo et embrassa sa poitrine nue.

Léonardo se coucha sur lui et leur étreinte se fit tendre et passionnée. Rinaldo fureta jusqu'à lui ouvrir le pantalon et le lui descendre aux genoux. Léonardo finit de s'en libérer et se retourna vers son ami pour le prendre dans ses bras, presque l'emprisonner dans ses bras, presser contre son sexe et son ventre son propre membre très dur et à l'agréable chaleur.

Puis Léonardo se leva, prit Rinaldo dans ses bras et le souleva du sofa à bout de bras sans effort apparent, il le porta dans sa chambre, sur son lit. Il enleva sa chemise et son slip, et fut enfin nu lui aussi. Il fouilla dans la table de nuit, y trouva un préservatif et l'enfila. Il se mit sur le lit, entre les jambes de Rinaldo, et il les souleva haut, si bien que le petit cul de Rinaldo était pleinement exposé et vulnérable.

S'attendant à l'assaut vigoureux de ce membre dur et dressé, Rinaldo ferma les yeux et se détendit pour l'accueillir. Mais au lieu du sexe dur comme l'acier, il sentit la langue de Léonardo darder sur son petit trou impatient, le lécher, le laper, l'agacer et le préparer à l'invasion prochaine.

Rinaldo était en proie à un plaisir croissant qui devint si intense qu'il arqua le bassin, écarta plus les jambes, comme pour s'ouvrir au maximum et mieux s'offrir à la langue inquisitrice et insistante du garçon qu'il aimait. Il commença à lâcher de petits gémissements de plaisir et il se sentait presque hors de lui à cause du désir d'être enfin pénétré, après tant de semaines de chasteté.

Enfin le membre de Léonardo plongea en lui dans une ferme poussée et lui donna en même temps une petite gêne et une exquise sensation de plaisir. Il se sentit rempli par la chair de son aimé et en même temps par le bonheur d'être à nouveau à lui. Le membre dur de Léonardo commença à bouger vigoureusement d'avant en arrière et à lui donner un plaisir physique plus intense à chaque fois qu'il frottait contre sa prostate et à lui donner une extase incroyable qui lui envoyait dans tout le corps des vagues et des vagues de jouissance intense.

Il aurait voulu que ce puissant membre viril puisse rester en lui à jamais, et de plus en plus en lui, plus profond, jusqu'à ce que leurs chairs se fondent en une seule... Il le sentait se retirer et plonger à nouveau, à un rythme à présent ferme et régulier, et chaque poussée était pur délice et intense plaisir, tant physique que spirituel. Il sentait que Léonardo lui appartenait, faisait partie de lui, comme il appartenait à son aimé et en faisait partie.

Puis le membre puissant palpita vigoureusement en lui et Rinaldo comprit que son aimé avait atteint l'orgasme. Il posa les mains sur ses fesses tendues et le tira contre lui, comme s'il craignait qu'il veuille déjà s'en aller, comme pour le faire pénétrer encore plus profond. Rinaldo aussi jouit, il se sentait enfin satisfait d'avoir atteint avec son aimé le paradis terrestre, jet après jet, après jet, comme si ça ne devait jamais cesser, il tremblait de l'intensité de cet orgasme, et à chaque jet il serrait le sphincter sur le sexe encore dur profondément ancré en lui.

Enfin, ils se détendirent sur le grand lit, complètement vidés, haletants et frémissants, encore intimement unis, et Rinaldo emprisonna la taille de Léonardo entre ses jambes et son torse entre ses bras, pour l'empêcher de se retirer de lui, d'en lui.

Léonardo lui prit le visage entre les mains et l'embrassa. Rinaldo lui suçait doucement la langue et jouait avec la sienne, tandis que ses mains caressaient son dos musclé. Il ouvrit les yeux et vit ceux de Léonardo fixés dans les siens, lumineux, joyeux.

"Tu es content, maintenant ?" lui demanda Léonardo dans un tendre murmure.

"Oui... tu m'as manqué."

"Toi aussi."

"Toi tu t'es amusé, en Grèce."

"Ils ne comptent pas, eux. Ils n'existent plus. Avec toi c'est toujours spécial. Je ne suis vraiment bien qu'avec toi... avant... pendant... et après, comme maintenant. Non, crois-moi, les autres ne comptent pas."

"Je voudrais que tu..." commença Rinaldo. Il allait lui dire "que tu me le montres aussi hors du lit, même quand tu es avec des amis..." mais il ne dit rien.

"Tu voudrais que je ?" l'encouragea Léonardo.

"Je voudrais que tu me prennes encore comme ça... peut-être demain matin... ou cette nuit, si tu te réveilles et que tu as envie... Je peux rester ici et dormir avec toi ?"

Léonardo sourit : "Oui, bien sûr. Alors, on fait la paix ?"

"Pour l'instant..." murmura Rinaldo, mais il lui fit un sourire tendre.

Ils se couchèrent côte à côte et Rinaldo posa la tête sur l'épaule de son aimé qui lui passa un bras sous la nuque, pour qu'il soit plus confortable.

"Mais tu... est vraiment content de m'avoir ici ?" lui demanda Rinaldo dans un murmure.

"Je ne viens pas de te le démontrer ?"

"Non... Tu m'as seulement montré que tu aimes me baiser." dit Rinaldo, mais sans dureté dans sa voix.

"Si c'était le cas, à présent je te dirais de rentrer dans ta chambre. Non, Rinaldo, je suis très bien avec toi, et pas seulement quand on fait l'amour. Franchement."

"Tu devrais peut-être me le faire sentir un peu plus... et pas seulement quand on fait l'amour..." murmura-t-il.

"Je... je ne t'ai pas fait signer ce contrat pour te traiter en domestique. Je l'ai juste fait pour ta tranquillité économique et ta liberté. Et je pensais aussi à ton avenir, ou plutôt à votre avenir."

"Oui, je sais. C'est pas le problème."

"Et alors ? Je ne vois pas d'autres problèmes. Je suis bien avec toi, avec vous. Alors, où est le problème ?"

"Je ne sais pas... Il n'y en a peut-être pas..." mentit Rinaldo en se disant qu'il était inutile de lui en parler : ou Léonardo le comprenait tout seul, ou il ne servait à rien de le lui dire.

Et de toute façon il sentait qu'il ne devait pas lui faire comprendre qu'il était complètement amoureux de lui. Peut-être devait-il juste être patient et espérer que les choses évoluent comme il le désirait. Et, pour l'instant, accepter la situation telle quelle.

Quoi qu'il en soit, le sexe avec Léonardo était toujours splendide, il ne pouvait pas le nier. Même s'il n'avait pas d'autres expériences sexuelles, Rinaldo sentait, savait qu'il ne pouvait pas espérer mieux, du moins sur le plan physique.

Même maintenant, être comme ça, nus et enlacés, étendus languides dans le noir, c'était une magnifique sensation.

"Dans un mois Marco aura trois ans, c'est ça ?" dit Léonardo.

"Oui, le douze."

"Il faut qu'on lui fasse une belle fête... et un gâteau avec trois bougies. Je pensais, au lieu de lui acheter un jouet, lui offrir un nouvel habit pour la saison froide : il grandit si vite !"

"Ça pourrait être une bonne idée. Mais prends-le-lui un peu grand, qu'il fasse au moins tout l'hiver..."

"On ne pourrait pas aller l'acheter ensemble ? Tous les trois ?"

"Comme tu veux..." répondit Rinaldo et il arriva tout juste à s'arrêter à temps pour ne pas ajouter "... mon amour !"


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