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histoire originale par Andrej Koymasky


pin LE GARÇON-PÈRE CHAPITRE 5
LE DÉMÉNAGEMENT

La preuve de la façon dont Rinaldo apprécia sa première expérience fut que, bien que Léonardo sente qu'il allait atteindre l'orgasme, Rinaldo jouit entre leurs ventres dans une série de fortes contractions et de gémissements sourds d'intense plaisir. Cela déclencha l'orgasme de Léonardo qui finit par décharger dans les chaudes profondeurs de son ami.

Ils étaient couchés, l'un sur l'autre, et respiraient lourdement. Leurs cœurs battaient vite. Léonardo était encore profondément enfoncé dans son compagnon.

Rinaldo le serra contre lui et l'embrassa et leurs langues jouèrent un moment, tandis qu'ils souriaient, comblés.

"Mon dieu, c'était trop bon ! Merci, Léonardo." murmura Rinaldo.

"Merci ? Merci à toi, plutôt."

"Tu as su faire en sorte qu'elle soit bonne, ma première fois."

"Je ne t'ai pas fait mal ?"

"Non... pas trop. De toute façon c'était un bon mal. Et c'était trop bon, je te l'ai dit. Mieux que ce que j'avais espéré ou rêvé. J'aime te sentir en moi. Et toi, ça t'a plu ?"

"Oui. Beaucoup. Mais j'avais peur de te faire trop mal..."

"Je m'en suis aperçu. Mais je n'avais pas peur du tout. Je savais que je le voulais et je savais que tu ne serais pas violent. Tiens, il se retire..." remarqua-t-il avec un petit sourire.

Léonardo lui fit étendre les jambes et retira l'oreiller de sous son bassin. Rinaldo, couché sur le côté et un peu tourné vers lui, posa sa tête sur son épaule et lui sourit.

"Tu le feras encore avec moi ?"

"Chaque fois que tu voudras... chaque fois que tu pourras..."

"Si ça ne dépendait que de moi... ce serait chaque nuit. Mais je ne peux pas demander à Anna de garder Marco trop souvent, tu sais... Alors malheureusement j'ai peur que ce soit plutôt rare."

"Oui... je comprends... mais dommage. Moi aussi je voudrais que ce soit tous les jours. Pour moi aussi c'était très bon."

"Mais tu dois connaître plein de garçons qui le font bien mieux que moi..."

"Non, tu es spécial, Rinaldo."

"Tu dis encore que je suis spécial... moi je trouve vraiment pas."

"Oh si, tu es spécial. Tu n'es pas comme les autres. C'est peut-être parce que je t'ai connu avant qu'on arrive à le faire, je ne sais pas, mais... on ne pourrait pas trouver une façon de le faire... pas trop rarement ?"

"Mais comment ? Tu connais ma vie, non ? Je ne peux pas sacrifier Marco juste pour satisfaire mon envie d'être avec toi. Ce ne serait pas juste."

"Oui, tu as raison, mais... Si je pouvais le faire avec toi, assez souvent, je n'irais plus me chercher d'aventures. Mais si par contre on ne peut se retrouver comme ça que trop rarement, je crois que je ne résisterais pas, je me connais..."

"Vraiment, tu renoncerais aux autres garçons, pour moi ?" lui demanda Rinaldo, un peu étonné.

"Oui, bien sûr. Ce ne serait d'ailleurs pas un renoncement."

Ils s'embrassèrent encore, tendrement. Léonardo était sincère : il ne s'était jamais aussi bien senti que là, avec ce garçon. Ce n'était pas que sa beauté physique, ni la complète et joyeuse acceptation avec laquelle il l'avait accueilli en lui. C'était plutôt cet intense sentiment de tendresse, qu'il n'avait jamais ressenti avec personne, qui le faisait se sentir aussi bien.

"S'ils me le prenaient à la crèche, le matin, avant que j'aille au travail, je pourrais venir chez toi..." dit Rinaldo, songeur.

"Mais j'ai cours tous les matins, moi, à la fac... je ne pourrais pas sécher les cours tous les matins."

"Oui, c'est vrai, je comprends. Ça m'a tout l'air d'être une impasse. Enfin, de toute façon... si tu vas avec d'autres garçons... je comprendrais... puisqu'on ne trouve pas de solution."

"Peut-être, mais ce serait quand même un piètre substitut, à présent que je t'ai rencontré et qu'on a fait l'amour."

"Comment ça se fait que t'aies pas de copain, toi ? Tu es beau, tu es intelligent, tu es libre..."

"Peut-être bien justement parce que je tenais trop à rester libre, ou peut-être parce que personne ne m'intéressait assez pour que je lui demande de devenir mon copain."

"Et moi ? Tu aimerais que je sois ton copain ?"

"Si seulement on pouvait se voir plus souvent, oh oui, j'aimerais."

Ils se turent longuement, chacun plongé dans ses propres pensées, puis Rinaldo d'abord et Léonardo ensuite s'endormirent. Une après l'autre les bougies se consumèrent et s'éteignirent. Les deux garçons, entrelacés, dormaient sereins.

A son réveil, Léonardo vit sur son réveil digital qu'il était 6:46. Il regarda le visage de Rinaldo : son expression était sereine, tranquille, et il était beau. Puis il remarqua qu'il avait la classique érection matinale. Il tendit la main pour la caresser doucement. Rinaldo gémit à peine et se serra contre lui. Léonardo l'embrassa sur la joue.

Rinaldo ouvrit les yeux, croisa son regard et lui sourit.

"Ce n'était donc pas un rêve..." murmura-t-il d'une voix encore un peu endormie.

"Tu as bien dormi ?"

"Oui, très bien. Et toi ? Je ne t'ai pas dérangé ?"

"Non, en rien. J'ai très bien dormi moi aussi."

"Il est quelle heure ?"

"6:53."

"On a le temps... avant de se lever, pour le faire encore ?" lui demanda Rinaldo avec un sourire espiègle.

"Oui, il suffit qu'on parte à huit heures. Mais d'habitude je prends un petit déjeuner, avant de partir."

"Tu te lèves à sept heures, normalement ?"

"Non, à sept heures et demie."

"Alors on a une demi-heure pour le faire... ça ne suffit pas ?"

"On peut s'arranger pour que ça suffise..." répondit Léonardo en souriant et il l'embrassa.

"Tu me prends comme hier soir ?"

"Non, cette fois dans une autre position."

"Attends, je prends une capote et je te la mets..." dit Rinaldo.

Il prit le nécessaire sur la table de nuit et prépara son ami, puis se lubrifia : "Alors tu veux que je me mette comment ?" demanda-t-il.

"Sur le côté gauche. Lève la jambe droite. Je passe mes jambes entre tes cuisses et je te prends... comme ça."

"Oui, compris... comme ça ?"

Léonardo se glissa entre ses jambes et, guidé par la main de Rinaldo, il commença à pousser et le pénétra. Rinaldo lâcha un soupir et ferma les yeux, tout au plaisir de la lente mais vigoureuse pénétration et un beau sourire illumina son visage.

"C'est trop bon de faire l'amour... de faire l'amour avec toi..." murmura-t-il en ouvrant les yeux et il eut un sourire béat quand Léonardo commença à marteler en lui.

Lequel ne répondit que par un sourire et appuya ses poussées.

"Tu connais combien de façons de faire l'amour ?" lui demanda Rinaldo en souriant.

"Plein..."

"Tu me les feras toutes essayer ?"

"Bien sûr..."

Rinaldo l'embrassa de nouveau, le caressa sur tout le corps, tout au plaisir de sentir sous ses doigts les muscles de Léonardo glisser à chacune de ses poussées en lui.

Quand ils furent finalement tous deux apaisés, Rinaldo dit, à voix basse : "Dommage que deux hommes ne puissent pas se marier... se mettre en ménage... Tout serait plus simple, non ?"

"Tu m'épouserais ?" lui demanda Léonardo, amusé.

"Et bien... il vaudrait peut-être mieux qu'on se connaisse mieux d'abord, mais... si je pouvais, j'y songerais sérieusement. Tu me plais trop, et j'aime ta façon de faire l'amour."

"Moi je ne sais pas. Je n'y ai jamais pensé, avant. Mais je crois que ce pourrait être bien, avec toi."

"Même si je suis un garçon-père ?"

"Tu as oublié que j'aime beaucoup Marco ?"

"On ne ferait pas une belle famille ?"

"Et Marco aurait deux pères ?"

"Pourquoi pas ? Lui aussi il t'est très affectionné, il t'aime bien. Même avec Anna il n'est pas aussi affectueux qu'avec toi."

"Tu ne serais pas jaloux de moi ?"

"Bien sûr que non. Tu sais bien que, pour moi, Marco vient avant tout. Si tu l'aimes et qu'il t'aime, je ne pourrais qu'être content."

Ils prirent le petit déjeuner et sortirent en se donnant rendez-vous l'après midi au parc, à l'endroit habituel.

Mais toute la matinée, Léonardo repensa aux propos de Rinaldo sur l'idée qu'ils soient une famille, tous les trois. Oui, c'est certain, ça ne lui aurait pas déplu de vivre avec Marco et Rinaldo... et de pouvoir faire l'amour avec le jeune papa à chaque fois qu'ils en auraient envie... et l'aider à prendre soin et éduquer ce charmant petit...

Après tout, c'était peut-être faisable, à part le mariage. Chez lui c'était assez grand pour eux trois. Cette idée lui tournait dans la tête et le convainquait de plus en plus. Puis il se dit que si Rinaldo faisait les travaux domestiques, il pourrait économiser sur la femme de ménage qui venait deux fois par semaine... et aussi sur les tapins, s'il n'avait plus besoin d'eux... donc il pourrait même donner une sorte de salaire à Rinaldo, qui pourrait alors sans problèmes rester avec son fils jour et nuit...

Les idées s'emmêlaient dans sa tête, y tournoyaient, se superposaient, s'amplifiaient et se définissaient graduellement. Après tout, il ne manquait pas d'argent. Et avoir chez lui autant le beau Rinaldo que le charmant petit Marco pouvait être très agréable. Même sans parler explicitement de famille... c'aurait été de fait un peu comme en avoir une...

Lui-même n'aurait pas su dire si ce qu'il préférait dans cette idée était de pouvoir faire l'amour avec Rinaldo chaque fois qu'il voudrait, ou bien de pouvoir s'occuper lui aussi du charmant gamin qu'il aimait vraiment bien.

Il décida de ne pas précipiter les choses, surtout qu'après les examens il partirait tout le mois d'août en vacances... Là, il pourrait bien y penser et, à son retour en septembre, le proposer éventuellement à Rinaldo... Mais plus il y pensait, plus l'idée lui plaisait.

Quand ils se rencontrèrent l'après-midi, tout en jouant avec Marco, Léonardo demanda à Rinaldo combien il gagnait par mois, net. Il fut un peu étonné de sa réponse : il pensait qu'il touchait plus. Alors il lui demanda le loyer de sa chambre et fut encore surpris : cette fois il aurait dit moins...

Il se dit que de toute façon, s'il lui proposait de venir travailler chez lui, il devrait payer ses charges sociales et que ça lui coûterait plus. Bien que, en retirant la somme du loyer, ça ne devrait pas lui poser de problèmes. Il décida que quand il rentrerait chez ses parents pour les vacances, il en parlerait à l'expert comptable de son père, de façon à faire à Rinaldo une proposition juste et convenable pour eux deux.

Il était de plus en plus convaincu que c'était la bonne décision.

Contrairement aux autres années, Léonardo rentra de vacances plus tôt que nécessaire : autant Rinaldo que Marco lui avaient terriblement manqué et il avait hâte de les revoir. Il avait bien refait ses calculs et il s'était aussi fait donner par l'expert comptable un draft de contrat, en lui disant que c'était pour un ami qui voulait embaucher une roumaine... Il était bien décidé à faire la proposition à Rinaldo dès qu'il le verrait.

Le draft de contrat en poche, Léonardo alla au parc à l'heure habituelle, dans l'espoir de les rencontrer. Il ne les vit pas et se demanda si le petit ne serait pas malade, ou peut-être le père... Après les avoir attendu près d'une heure, il partit à grands pas vers chez eux, via Baretti. Il monta et sonna. Personne ne répondit. Un peu inquiet, il redescendit jusqu'à l'entrée. Là, il les vit tous les deux, au bout de la rue, qui rentraient. Soulagé, il alla à leur rencontre.

La petite voix de Marco retentit soudain : "Léonardo !"

Ce dernier réalisa que maintenant, le petit prononçait enfin aussi le R. Ils coururent sur le trottoir l'un vers l'autre. Léonardo s'accroupit et ouvrit les bras et le petit s'y jeta, heureux. Puis il lui fit claquer un gros bisou au bout du nez. Entre temps, Rinaldo les avait rejoints et il les regardait en souriant.

"Je vous attendais là-bas, au parc..." dit Léonardo en levant les yeux vers Rinaldo, avec un sourire.

"Je ne savais pas que tu étais rentré, alors nous sommes allés ailleurs. T'as envie de faire un saut chez nous ? T'as le temps ?"

"Oui, les cours n'ont pas encore commencé, et les examens non plus. Je suis tout à fait libre pour deux semaines."

Ils montèrent.

"Je n'ai pas de frigidaire, je n'ai rien de frais à te proposer..." dit Rinaldo. "Si tu veux je descends acheter quelque chose..."

"Oui, merci. Mais c'est moi qui invite. Tiens, prends ce que tu veux, et peut-être aussi une glace ou un truc pour Marco."

Resté seul avec le petit, Léonardo le prit sur ses genoux : "Marco, tu aimerais venir habiter chez moi ?"

Le petit garçon le regarda, puis il dit : "Rinaldo ?"

"Oui, toi et ton papa. Marco et Rinaldo chez Léonardo. Ça te plairait ?"

"Oui, chez Léonardo." répondit-il, sérieux.

Léonardo se demanda à quel point le garçon avait vraiment compris la question. Alors il lui demanda : "Tu aimes bien Léonardo ?"

Marco hocha solennellement la tête, puis il posa un petit baiser au bout du nez du jeune homme : "Oui, Marco bien Léonardo."

Cette fois le garçon semblait bien avoir comprit, se dit le jeune homme, ravi.

Rinaldo rentra, avec trois glaces, deux plus grandes pour eux et une plus petite pour Marco. Ils se mirent à les manger.

Alors Léonardo sortit le contrat de sa poche et le tendit à Rinaldo : "Lis tout attentivement... puis dis-moi ce que tu en penses..." lui dit-il.

Rinaldo prit les papiers et commença à lire. De temps en temps il levait les yeux et regardait son ami, surpris. A la fin il dit simplement : "C'est sérieux ?"

"Bien sûr que oui. Si tu penses que c'est bien pour toi."

"Bien ? Putain ! Je pourrais être avec Marco toute la journée... et avec toi... et si je ne paie pas le loyer, il me restera davantage qu'avant... Qu'est-ce que je pourrais vouloir de plus ? Mais vraiment... et tu paierais même mes charges sociales ?"

"Oui, évidemment. J'ai fait mes comptes et je peux me le permettre. Et je le fais volontiers, pour toi et pour Marco..."

"Mon dieu... c'est incroyable... Si on signe... je peux donner mon préavis et... d'ici un mois je peux venir chez toi..."

"Vous pourriez même vous installer chez moi avant. Et quand tu seras au boulot, pour ce mois, je pourrai te garder Marco. Tu sais bien que je le ferais volontiers."

"Mais c'est un rêve..."

"Ce n'est pas comme si on se mariait..." dit Léonardo sur le ton de la plaisanterie, "mais un peu comme si on formait une famille, tu ne crois pas ?" Rinaldo se leva, prit Léonardo dans ses bras et l'embrassa. Ce dernier se détacha, gentiment mais fermement, gêné : "Marco..."

"Si Marco peut te donner un bisou, je ne pourrais pas moi ?" répondit joyeusement Rinaldo.

"Mais il y a une sacré différence..." dit Léonardo à voix basse, en se sentant rougir.

"Marco, et moi, je peux donner un bisou à Léonardo ?" demanda Rinaldo avec un sourire lumineux.

"Oui, Rinaldo et Léonardo bisou." dit joyeusement le garçon.

"Tu vois ?" dit Rinaldo à son ami, mais il revint s'asseoir et il reprit les papiers.

Il relut le contrat : "On pourrait signer tout de suite les deux copies ?" demanda-t-il, et ses yeux brillaient de bonheur.

"Tu ne veux pas mieux le lire, y réfléchir un peu ?"

"Non, c'est une offre magnifique. Si tu es sûr, moi ça me va... Quand est-ce qu'on peut venir chez toi ?"

"Il faut que tu résilies ton bail, l'abonnement au gaz et à l'électricité..."

"Oui, mais ce sera vite fait. J'ai pas grand-chose à emporter chez toi, on ne te dérangera pas."

"J'ai deux chambres, une sera pour Marco et toi."

"Parfait. Comme ça quand il dort, je peux faire un saut chez toi, hein ?"

"Quand toi aussi tu en auras envie..."

"Même tout de suite, si c'était possible. Tu m'as manqué, tu sais."

"Vous deux aussi."

"C'est bon que tu dises nous deux et pas juste moi... Je dois apprendre à cuisiner décemment... Enfin, je tiendrai ta maison propre et je ferai tous les travaux, tu verras, tu seras content, tu regretteras pas. T'auras qu'à me dire comment tu veux que je fasse les choses. Si t'as une machine à laver, je ferai la lessive et j'apprendrai même à bien repasser et... tu verras, je serai mieux qu'une femme."

Léonardo était ému mais ravi par l'enthousiasme de Rinaldo : "Mais je ne veux pas d'une femme... Tu as oublié que moi elles ne m'intéressent vraiment pas ?" dit-il, pince sans rire.

"Et moi je suis pas une femme, et je ne ferai pas la femme, sois tranquille. Mais je serai content de m'occuper de chez toi, surtout parce que comme ça je peux rester avec Marco sans problèmes... et aussi avec toi, quand tu voudras de moi. Mon dieu, tu sais, ça m'excite l'idée de vraiment venir habiter chez toi... Et puis c'est beau, chez toi, pas comme ici... Je n'y crois pas. Mais tu es vraiment sûr de vouloir de nous avec toi ?"

"J'ai eu un mois entier pour y réfléchir. Evidemment que j'en suis sûr. Et pas rien que pour... t'avoir toi, pour Marco aussi. Et pour moi aussi, bien entendu. Pour nous trois, en somme. Je crois qu'on y gagnera tous les trois."

"Moi le plus. Oh, Léonardo ! Tu sais que c'est un cadeau formidable que tu me fais ? Tu sais que je crois rêver ?"

"Bon, et bien ça me fait plaisir."

"Mais, les dépenses de la maison, il faut qu'on les partages en deux... au moins tant que Marco est petit. Ce serait pas juste que tu me paies et qu'en plus tu nous entretiennes..."

"J'ai tout calculé. Non, cet argent est à toi, tu le dépenseras juste pour vos affaires. Sinon il aurait fallu que je te paie plus..."

"Mais il n'est pas nécessaire que tu paies aussi les cotisations..."

"Bien sûr que si. Tu travailleras pour moi et il faut que tu penses à votre santé et à ta retraite..."

"Tu veux déjà me mettre à la retraite ?" demanda-t-il en riant.

"Tu la prendras tôt ou tard, non ? Je veux que tout soit fait avec justice. Ce contrat je l'ai écrit avec l'aide de l'expert comptable de mon père, alors il est bien comme ça."

"Comme tu veux, Léo..."

"J'ai quelques jours de libre, avant de devoir reprendre les cours. Si tu veux je t'aide à faire tes bagages et à t'installer chez moi..."

"Comme tu veux, merci. Si tu veux, on commence maintenant avec le plus important, comme ça on peut même venir chez toi tout de suite et... et on pourra déjà passer cette nuit ensemble... dès que j'aurai mis Marco au lit. Hein ?"

Léonardo sourit : "L'idée m'a l'air excellente. Et les prochains jours on emportera tout le reste chez moi, un peu à la fois. Et ce soir, quand tu iras au travail, je peux garder Marco et le mettre au lit, avant que tu rentres. Et lui raconter une histoire..."

"Parfait. Alors je vais avertir Anna. Attends-moi un instant." dit Rinaldo d'un ton réjoui et il sortit de la chambre.

Léonardo était content de la joie et de la rapidité avec lesquelles Rinaldo avait accepté son offre. Il était content de pouvoir les avoir chez lui tous les deux... et aussi de pouvoir y avoir Rinaldo, dès ce soir, tout à lui.

Ils traversèrent les quelques pâtés de maisons qui séparaient leurs appartements, avec deux valises et Marco. Une fois chez lui, Léonardo leur montra la chambre où ils pouvaient s'installer.

"C'est très beau, chez toi..." murmura Rinaldo.

"Le lit est à une place, mais je peux acheter un petit lit pour Marco et le mettre à côté de celui-ci, il y a assez de place..." dit Léonardo.

"Non, avec le salaire que tu me donnes, je paie moi le petit lit."

"Comme tu veux. Tâche d'acheter un de ces lits qui se transforment à mesure que l'enfant grandit, comme ça quand il sera grand il pourra encore dormir confortablement. C'est un peu plus cher, mais à la longue on y gagne. Les draps et les couvertures, il y en a assez ici, je crois. Si tu veux déplacer les meubles, les disposer autrement, fais-le : c'est votre chambre."

"Mais je pensais que... quand je vais chez toi, la nuit... d'un côté je voudrais garder la porte ouverte pour être sûr que Marco n'a pas de problèmes... mais je voudrais la fermer pour pouvoir être plus libres..."

"Quand tu commandes le petit lit, achète aussi cet appareil qu'ils font pour surveiller le sommeil des enfants quand on est dans une autre pièce. Si on mettait le récepteur dans ma chambre, on pourrait être tranquilles..."

"Oui, excellente idée." dit le jeune père l'air satisfait. "Tu penses vraiment à tout, toi..."

"Je veux que vous vous sentiez bien... tous les deux. Viens, à présent, allons à la cuisine, j'ai envie de me faire un bon café. Tu en veux aussi un ?"

"Oui, merci. Il faut que je m'habitue à ta maison, peu à peu."

"Et tu devras m'apprendre à changer les couches de Marco et m'expliquer quoi lui donner à manger et quand..."

"Oui, bien sûr. Tu es sûr que ça ne t'ennuiera pas de t'occuper de lui tant que je dois travailler au restaurant ?"

"Non, pas du tout. Pas plus qu'après, quand tu devras sortir faire les courses."

"Quand ils le prendront à la crèche, puis à l'école, tout sera plus simple..."

"Ne t'en fais pas, à nous deux, tu verras qu'on saura s'occuper de Marco au mieux."

"J'ai envie de t'embrasser..."

"Seulement ?" lui demanda Léonardo d'un ton de plaisanterie.

"Non... bien plus !" répondit Rinaldo joyeusement.

Plus tard, ce dernier dut aller travailler et il donna son préavis de démission. Léonardo lui remit le double des clés de chez lui. Il joua un moment avec Marco puis il le coucha et lui raconta une histoire, jusqu'à ce qu'il voie qu'il dormait. Il laissa la porte ouverte et alla attendre le retour de Rinaldo. Il était content. Marco avait accepté sans le moindre problème le changement d'appartement, en partie parce qu'il connaissait Léonardo depuis longtemps et qu'il lui était affectionné.

Il finit par entendre la clé tourner dans la serrure. Il vint à sa rencontre. Ils se saluèrent dans le couloir par un grand sourire.

"Tu veux prendre une douche d'abord ?" lui demanda Léonardo.

"Non, après, si ça t'ennuie pas. Mais je vais d'abord jeter un œil à Marco... Et j'arrive. Tu m'attends un instant dans ta chambre ?"

"Je viens avec toi voir Marco..."

A côté du lit, ils regardèrent le petit garçon qui dormait profondément, béat.

"Il est vraiment beau..." murmura Léonardo.

"Oui, n'est-ce pas ?" dit le jeune père, radieux, puis il se tourna vers Léonardo, le prit dans ses bras et l'embrassa avec passion : "Emmène-moi d'ici, allez... j'ai hâte..."

Ils allèrent dans la chambre de Léonardo en laissant les portes ouvertes. Ils se déshabillèrent l'un l'autre avec des gestes fébriles : tous deux brûlaient du désir de s'unir, de faire l'amour.

Léonardo le poussa sur le lit et se coucha sur lui : "Tu es content, Rinaldo ?"

"Je ne pourrais pas l'être plus. Enfin, non... je le serai encore plus quand enfin tu la mettras toute en moi... Comment tu me prends, cette fois-ci ?"

Léonardo le guida sans un mot et Rinaldo se laissa mettre en position. Quand finalement il l'accueillit en lui, il murmura, excité : "Oh, oui... enfin... C'est trop bon, Léo... Mon dieu, comme tu m'as manqué, tout ce temps... Allez... allez... Oh, oui... comme ça... comme ça..."


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