L'affaire avait débuté fin octobre 1991, peu avant le dix-neuvième anniversaire de Jeremy Hutchins.
Le père de Jeremy travaillait comme cuisinier dans le Mac Donald local et sa mère dans une entreprise locale de nettoyage. Jeremy était leur fils unique.
Le père de Jeremy avait voulu qu'il étudie, bien que ce dernier n'aime pas beaucoup les livres, et l'avait donc fait inscrire au Collège du Comté, dans la section de Comptabilité. Et Jeremy ne supportait pas les mathématiques, mais discuter avec son père n'était pas possible, alors le garçon devait suivre les cours. L'unique aspect positif, c'était qu'il avait pu faire partie de l'équipe de football américain, et Jeremy aimait ce sport.
A tous points de vue, Jeremy était le classique garçon ordinaire, de taille moyenne, d'intelligence moyenne, de comportement ordinaire... Il n'était pas particulièrement beau, mais grâce au sport, il avait un corps bien fait. Son visage n'avait rien de spécial. Il avait un nez légèrement trop grand, une bouche légèrement trop large, des yeux d'un brun très ordinaire, peut-être un peu trop grands, des oreilles un peu décollées, une tignasse de cheveux lisses, châtains... Mais quand il souriait sa figure devenait en quelque sorte belle, désarmante et lumineuse, et ses yeux se mettaient à briller d'une manière spéciale.
Ce soir-là, il était assez tard, presque l'heure du dîner, le ciel était couvert d'épais nuages et il y avait peu de lumière. Jeremy rentrait chez lui après l'entraînement de football, son sac de sport pendu à l'épaule. Il passa devant le centre commercial et remarqua un petit groupe de skinheads.
La petite ville avait aussi ses skinheads qu'on remarquait, dans ce faubourg calme de petits bourgeois, à leur façon de s'habiller. Une partie d'entre eux étaient clairement des voyous fascistes et racistes, mais les autres prenaient seulement plaisir à prendre un air brutal, à donner l'idée qu'ils se complaisaient dans des activités violentes et agressives, mais en fait, ils ne cherchaient qu'à se dégager de la grisaille de la jeunesse locale, ou se rebellaient simplement contre leurs familles qui affichaient une apparente respectabilité. Et leurs choix semblaient avoir plutôt réussi. Ils étaient en effet plutôt craints, mais aussi méprisés, par la population locale.
Pourtant, la pire chose qu'ils aient faite, avait été d'insulter un noir ou un asiatique, de chaparder dans quelques magasins, plus pour défier la vigilance des commerçants que pour voler des objets de valeur, d'écrire des obscénités sur les murs sans se faire prendre par le sheriff, et de frimer en ville avec leur moto en faisant en pleine nuit un bruit assourdissant ... Ils n'avaient que rarement engagé de rudes bagarres avec les jeunes des bandes voisines. D'une certaine façon, ils étaient dans leur comportement, plus punks que vraiment skinheads, même s'ils avaient choisi de prendre le look et le comportement skinhead.
Jeremy avait déjà remarqué l'un d'entre eux à plusieurs reprises, un blond aux cheveux rasé sur les côtés, mais long sur le dessus. Un garçon un peu plus petit que les autres, et qui lui semblait beau comme une statue grecque... Le garçon portait un ceinturon avec une boucle voyante de métal représentant un dragon. Jeremy remarqua que ce soir-là, le blondinet n'était pas avec sa bande.
Il se sentait un peu troublé ce soir là. Dernièrement cela lui arrivait assez souvent. Ça faisait presque un an qu'il n'avait plus eu l'occasion de faire l'amour, et ça lui manquait. Après les entraînements, se retrouver dans les douches avec les copains de l'équipe tout nus était pour lui une vraie torture. Souvent il avait de puissantes érections. Il ne s'en souciait pas beaucoup, parce qu'ils étaient tous jeunes et que bander n'était pas, après tout, un phénomène très rare. Mais il devait faire attention à ne pas se faire remarquer pendant qu'il reluquait les corps nus et excitants de ses copains, parce qu'ils étaient tout sauf complaisants avec les gays.
Il ne lui restait alors qu'à s'enfermer pour une branlette, en rêvant à d'impossibles accouplements, tentant ainsi de trouver un soulagement provisoire... Un an sans aucune activité sexuelle à part ces masturbations lui était pénible et le tenait dans un état d'érection presque continuelle. Il aurait accepté de faire l'amour avec n'importe qui, pourvu que ce soit un mâle, même gros et vieux... Bien sûr, il aurait préféré un de ses copains de l'équipe, ou même, peut-être, même un de ces voyous skinheads...
Son dernier amant avait été le jeune pasteur de l'église que ses parents fréquentaient. Lorsqu'il le croisa pour la première fois, Donald, le pasteur, avait vingt-cinq ans et Jeremy en avait seize. Jeremy n'était plus un novice à propos des histoires entre hommes, il avait déjà eu trois histoires avant celle avec Donald. Il était sûr d'être gay, et l'avait accepté depuis longtemps. Lorsque le nouveau pasteur était arrivé dans leur église Jeremy s'était tout de suite entiché de lui. Et donc, il tournait souvent autour du jeune homme, prêt à l'aider, à faire pour lui de petites courses, simplement pour le plaisir d'être à ses côtés. Evidemment, il rêvait de faire l'amour avec lui mais, le pasteur étant marié, il n'imaginait même pas avoir la moindre chance que cela arrive...
Mais un jour, après qu'il ait tondu l'herbe autour de l'église et rendu d'autres petits services, avant d'aller en ville, il avait décidé de prendre une douche comme il le faisait souvent en pareilles occasions, de façon à ne pas être obligé de passer chez lui avant d'aller en ville. Il prenait donc sa douche lorsque la porte s'ouvrit et Donald entra dans la pièce.
"Oh, excuse-moi ! Je ne savais pas que tu étais là. Je pensais qu'on avait laissé le robinet ouvert..." lui avait dit le jeune pasteur, mais au lieu de sortir, il avait fermé la porte derrière lui et avait commencé à regarder ouvertement le corps du garçon.
"Je me rinçais, j'ai presque fini..."avait dit Jeremy, légèrement troublé, mais en même temps excité par le regard de l'homme.
"Termine tranquillement, mon garçon, rien ne presse..." dit le pasteur en s'approchant.
"Merci..."dit Jeremy en finissant de se rincer.
"Sais-tu que tu es vraiment bien fait ?" lui dit le jeune homme en s'approchant encore. A présent, peu de distance les séparaient.
Jeremy commençait à bander. "Vraiment ?" demanda le garçon à mi-chemin entre l'excitation et la gêne.
Donald lui effleura légèrement la poitrine. "Oui... tu es beau..." chuchota-t-il en regardant le garçon dans les yeux et en lui souriant.
Jeremy frissonna et ferma les yeux.
"Tout va bien ?" demanda le jeune homme alors que ses caresses se faisaient plus précises.
"Très bien... Donald..." lui répondit-il. C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom.
Le jeune homme reçut immédiatement le message que le garçon lui envoyait, et ses caresses se firent plus intimes. Finalement sa main s'arrêta sur le membre à présent complètement érigé et palpitant.
"Ça te plaît ?" demanda l'homme d'une voix rauque.
"Oui..."
"Veux-tu que j'arrête ?"
"Non..."
"Veux-tu que je... continue ?"
"Oui. Continue..." murmura le garçon, troublé.
"Sèche-toi, alors... Il n'y a personne à la maison à présent... Veux-tu venir dans ma chambre avec moi ?"
"Oui, je te suis..."
Peu après ils étaient tous deux nus, sur le lit conjugal du pasteur. L'homme l'enlaçait, le caressait, l'embrassait et le garçon avait l'impression de rêver. Pouvoir ainsi admirer le corps svelte mais musclé de ce mâle magnifique, et pouvoir caresser sa majestueuse érection.
"Ce n'est pas la première fois pour toi, non ?" demanda l'homme.
"Non... Mais j'ai rêvé si souvent de pouvoir être comme ça avec toi, Donald..."
"Tu aurais envie de faire quoi, avec moi, Jeremy ?"
"N'importe quoi... tout..."
"Un soixante-neuf te ferait plaisir ?"
"A la folie."
"Et ensuite... tu me voudrais dans ton joli petit cul, mon charmant Jeremy ?"
"Si tu veux, Donald..."
L'homme se retourna et ils se mirent à se sucer mutuellement. Jeremy était heureux d'avoir enfin entre les lèvres cette sensation, ce contact avec cette chair dure et chaude qui coulissait dans sa bouche avide, pendant que l'homme léchait son membre déjà assez développé. Son plaisir explosa lorsque l'homme commença à sucer ses testicules contractés contre la verge adolescente, puis poursuivit lentement de la langue jusqu'à rejoindre sa rosette crispée.
"Ooohh, Donald, oui..." gémit le garçon lorsque l'homme commença à lécher son petit anneau brûlant. C'était la première fois que quelqu'un lui faisait une chose semblable, et le garçon pensa que c'était trop bon. Il sentit la langue tantôt le titiller, tantôt forcer l'étroit passage, et enfin, il goûta une experte et profonde pénétration de la langue. Jeremy tremblait violement et sursautait sur le vaste lit sous les habiles attentions de son jeune pasteur. Le garçon se remit à sucer la verge brûlante du jeune homme avec une intense passion, pensant que rapidement cette colonne de chair allait changer de place, de sa bouche avide à son cul vorace le rendant fou de plaisir.
Au bout d'un moment, le jeune homme se détacha un instant du garçon, le fit s'étendre sur le dos, lui prit les jambes et les posa sur ses épaules, se mettant dans la bonne position pour pénétrer son jeune et disponible compagnon.
Il le regarda dans les yeux avec un sourire engageant et lui demanda, "Es-tu prêt, mon petit ?"
"Oui, je t'en prie..."
"Tu me veux en toi ?"
"Oui, j'en crève..."
"Que veux-tu que je fasse, alors ?" demanda joyeusement l'homme, en plaçant la pointe de son membre puissamment bandé sur l'orifice palpitant du garçon.
"Mets-la-moi, s'il te plaît... mets-la-moi..."
Le jeune homme acquiesça en souriant, et il plongea en lui.
C'était la première fois que Jeremy recevait en lui la lance de chair d'un homme adulte, beaucoup plus grosse que toutes celles qu'il avait goûtées jusqu'alors. Il eut alors une courte grimace de douleur. L'homme s'arrêta immédiatement, mais le garçon le regarda avec son lumineux sourire et lui murmura, "Continue, s'il te plait..."
Ainsi encouragé, l'homme poussa de nouveau, et d'un coup, il se retrouva complètement inséré dans le chaud et accueillant canal du garçon. Jeremy se sentait défoncé, complètement rempli, mais il trouvait cette sensation très plaisante. Le gros outil commença à bouger lentement frottant contre sa petite prostate. Le garçon sourit de nouveau à l'homme.
"Tu aimes, mon garçon ?"
"Comme un fou..."
"Je suis entré à fond..."
"Je le sens..."
"Tout va bien ?"
"C'est trop bon... Mets-la-moi..."
L'homme se pencha sur lui et l'embrassa profondément sur la bouche puis, se soulevant légèrement, il se mit à pousser son piston dans l'étroit canal de chair brûlante du garçon.
"Oh, oui, Donald... comme ça... plus fort, à fond, s'il te plait..."
L'homme n'avait nul besoin d'y être incité. Ce garçon si totalement disponible, qui participait avec tant de passion, lui plaisait. Il était si différent des autres garçons qu'il avait eus, qui minaudaient toujours, qui se faisaient prier, supplier... Ce garçon le désirait autant, sinon plus, qu'il ne le voulait lui-même. Cette sensation lui plaisait .Le garçon pourtant sain avait été immédiatement disponible, bien qu'il n'ait rien de vicieux ni de pervers, rien de dégradant chez lui comme chez tant d'autres garçons... son sourire radieux qui montrait joie et plaisir, remplissait le jeune homme de joie. Il pénétrait le corps frais et pleinement disponible du garçon avec stupeur et gratitude, faisant vraiment de son mieux pour lui donner autant de plaisir qu'il en recevait...
Le garçon participait corps et âme, avec tout l'enthousiasme, sentant avec acuité ce qu'était vraiment faire l'amour. Rien de comparable avec ce qu'il avait fait avec ses trois copains, avant... Lorsqu'il sentit l'homme se tendre et comprit qu'il était en train de jouir, instinctivement, sans jamais l'avoir appris, il se releva un peu pour toucher des lèvres la poitrine de l'homme et lui mordiller délicatement les tétons...
L'orgasme de l'homme explosa et il serra entre ses bras le corps du garçon et libéra en lui son fleuve de semence, bouillante comme la lave, murmurant dans une basse et douce litanie :"Oh, Jeremy, Jeremy, Jeremy..."
Le garçon jouit à son tour, se vidant en une interminable série de spasmes et déversant son sperme entre leurs corps serrés.
Etendus, haletants, couverts d'une légère sueur, les corps encore étroitement enlacés, ils s'embrassèrent à nouveau profondément.
Pendant que lentement ils reprenaient leurs esprits, Jeremy lui chuchota, "Je t'aime, Donald !"
L'homme fut ému de la sincérité de ces mots, et sentit que lui aussi tombait amoureux de ce merveilleux garçon. Il lui répondit alors dans un doux murmure, "Moi aussi je t'aime, mon garçon."
Ce fut ainsi le début de leur relation passionnée. Il n'était pas toujours facile de trouver le temps, l'occasion d'être seuls et pour recommencer leurs rendez-vous amoureux, mais avec l'astuce que développent souvent deux amants discrets et passionnés, ils réussirent à se créer des espaces dans lesquels ils épanchaient leur désir réciproque. Dès leur deuxième rencontre, Donald demanda au garçon de le prendre et Jeremy éprouva l'ivresse de pénétrer à son tour l'homme qu'il aimait.
La grande différence avec ses expériences précédentes, lorsqu'ils faisaient l'amour, c'était les longs préliminaires et la conclusion. Pour Jeremy ces instants avaient acquis la même valeur que les longues minutes de l'acte lui-même. Le seul problème du garçon était qu'il se sentait jaloux de la femme de Donald... Mais il n'en avait jamais parlé avec son homme, car il respectait ses choix et ses devoirs de mari. Il s'en satisfaisait, sachant que Donald était vraiment tombé amoureux de lui.
Il aimait chaque centimètre du corps de ce très bel homme, chaque trait de la personnalité du jeune pasteur. Il adorait littéralement la façon avec laquelle Donald lui faisait l'amour, sa douce passion, sa gentillesse virile, sa force et sa tendresse...
Les organes virils de l'homme lui plaisaient également beaucoup. Il s'était habitué à leurs dimensions imposantes et il pouvait la recevoir sans la moindre gêne, mais avec une impression de délice et une vraie joie. Il aimait en sentir l'odeur, la lécher, la faire descendre au fond de sa gorge, la savourer, en boire l'abondante et enivrante liqueur. Il aimait l'accueillir au fond de lui-même, ouvrir son canal intime pour la recevoir, la sentir frotter contre sa jeune prostate sensible, le sentir marteler en lui avec une passion indomptée, même des mois après le début de leur splendide relation. Il aimait embrasser et être embrassé par son homme, le long jeu des langues, des lèvres brûlantes qui se cherchaient, pour se mordiller et partager une dévorante passion.
Il aimait aussi les instants où l'homme s'offrait à lui. Se sentir accueilli dans le corps qu'il adorait avait quelque chose que même les mots ne peuvent expliquer. Lorsque son homme lui demandait de boire sa liqueur d'amour, il étanchait la passion de son amant en lui offrant toute sa semence jusqu'à la dernière goute, se sentant au paradis.
Il était rare qu'il arrivent à se retrouver en secret plus de deux fois par semaine, ces instants étaient donc précieux. Mais même lorsqu'ils se rencontraient en public, un lien invisible, une secrète communication les réunissaient, et ces instants aussi étaient précieux.
Un été, l'épouse de Donald était allée à l'étranger avec ses parents et ils avaient pu se ménager un court voyage de cinq jours, du lundi au vendredi. Ils avaient passé les cinq jours enfermés dans une chambre d'hôtel à faire l'amour, ne sortant que pour manger. Jeremy avait même dû acheter un guide touristique de la ville pour pouvoir ensuite parler de toutes les belles choses qu'il aurait dû voir et n'avait pas vu. Pendant ces cinq jours, même s'ils avaient fait l'amour presque sans interruption, il leur sembla qu'ils ne réussiraient jamais à se rassasier l'un de l'autre...
1990 arriva. Ils étaient ensemble depuis deux ans et ils commençaient à chercher comment renforcer leur relation, la rendre plus sûre et plus stable. Donald pensait à divorcer. Jeremy, si peu attiré qu'il soit par les études, pensait s'inscrire en faculté de théologie pour pouvoir ensuite travailler avec son homme et rester avec lui pour toujours...
Mais un soir, une nouvelle jeta toute la Congrégation dans la consternation. Pendant que Donald rentrait chez lui après un synode diocésain dans la ville voisine, un routier avait perdu le contrôle de son véhicule dont les freins avaient lâché. Le camion avait percuté la voiture du pasteur et l'avait poussé dans le précipice voisin. L'automobile fit plusieurs tonneaux et s'écrasa sur des rochers où elle prit feu. Donald fut tué...
Ce fut un tel choc pour Jeremy qu'il resta à l'hôpital pendant environ un mois, presque incapable de parler. Il s'en remit, mais pour lui, la perte fut énorme.
Après quelques mois, son corps se remit à réclamer un soulagement sexuel. Mais entre le deuil et la difficulté de trouver un amant, il n'arriva pas à trouver l'occasion d'épancher ses pulsions sexuelles.
Après un an sans sexe le désir brûlait maintenant dans sa chair, plus fort que jamais. Il en était dévoré, même d'une amourette, mais il avait besoin du contact avec le corps d'un autre homme. Sa seule main n'était plus suffisante. Pas à son âge, pas après toute cette merveilleuse relation qu'il avait connue...
Et donc, il rentrait chez lui, plongé dans ses pensées, songeant que peut-être il devrait trouver une excuse pour aller dans la ville voisine, où avait entendu dire qu'il y avait des endroits, des cinémas ou des saunas, où les hommes se rencontraient pour faire l'amour. Il savait qu'il existait des guides qui donnaient les adresses de ces endroits, même sur Internet... oui, il devait faire en sorte de trouver ces informations, pour casser sa solitude... sinon il deviendrait fou.
Il emprunta la ruelle entre la vieille banque et la poste, déserte à cette heure, lorsque qu'on lui barra le chemin. Il regarda et vit à contre-jour un skinhead qui le fixait, faisant balancer la chaîne qu'il tenait en main. Jeremy s'arrêta et le regarda, un peu inquiet mais pas vraiment effrayé. Pendant quelques secondes ils se regardèrent mutuellement.
Puis le skinhead lui dit :"Donne-moi une clope."
"Moi... Désolé... mais ... je ne fume pas." répondit Jeremy hésitant.
"Merde ! Donne-moi du fric, alors."
"Je n'en n'ai pas sur moi. Je rentre de l'entraînement de football... "
"Tu cherches à faire le malin ?"
"Non, c'est vrai."
"Mais t'as quoi, dans ton sac ?"
"Seulement mes affaires de sport..."
"Fais voir..." dit le skinhead en attrapant le sac de Jeremy.
Le garçon ne s'y opposa pas. L'autre ouvrit le sac et le vida sur le pavé.
"Merde, merde, merde ! Pas de cigarettes, pas d'alcool, pas de filles, je deviens fou, ce soir. Tu es sûr de ne pas avoir d'argent ?"
"Tu veux-tu vérifier ? Fouille-moi." dit Jeremy en espérant avoir employé le ton juste pour que l'autre ne se sente pas défié.
"Oui, c'est ça." dit le skinhead, qui, après s'être approché du garçon, le fouilla. Enfin, sa main s'arrêta sur la braguette de Jeremy. Le garçon tressaillit, l'autre enleva la main et recula d'un pas.
"Si, il y a une chose que tu peux faire pour que ma soirée soit moins ennuyeuse."
"Quoi ?" demanda Jeremy qui ne réussissait pas à comprendre où l'autre voulait en venir.
"Baisse-toi, à genoux."
"Quoi ?" demanda le garçon en ouvrant grand les yeux.
"A genoux." répéta l'autre d'un ton froid, en faisant de nouveau balancer sa chaîne.
Jeremy s'agenouilla sur le pavé. Le skinhead s'approcha de nouveau et s'arrêta devant lui, les jambes un peu écartées, à pas plus de cinq centimètres.
"Ouvre mon pantalon et suce-moi." dit skinhead sans émotion, ni menaçant, ni moqueur.
Jeremy tressaillit. Était-ce la réponse à son brûlant désir ? Même si apparemment, il était forcé d'accomplir cet acte, il ressentit une joie débordante... Le skinhead, même si la ruelle était plus plutôt sombre, semblait bien fait, jeune, peut-être deux ans plus vieux que lui... N'était-ce pas un vrai coup de chance ?
"Je viens de te dire... " reprit le skinhead d'un ton dur.
"Oui, oui..." répondit Jeremy en espérant de ne pas faire transparaître son désir.
Des mains il attrapa la boucle du ceinturon de l'autre. C'est alors qu'il reconnut la boucle avec le dragon en métal ! Il se sentit doublement chanceux ! C'était le skinhead sur lequel il avait plusieurs fois rêvé de faire l'amour, et maintenant il lui demandait de lui faire une pipe...
Avec des gestes fiévreux lui décrocha le ceinturon, ouvrit le premier bouton, abaissa la fermeture éclair, fouilla dans le pantalon du skinhead et en sortit le membre déjà gonflé et en érection. Il se sentit saliver... Il approcha le visage du beau pieu de chair qui battait en se dilatant dans sa main et il en aspira la mâle odeur... enivrante !
"Vite, je n'ai pas toute la nuit." commanda l'autre, interprétant la lenteur du garçon comme une réticence.
Jeremy approcha encore la tête, sortit la langue et commença à lécher le bâton palpitant.
"Bien, mec... comme ça... vas-y..." dit l'autre, satisfait.
Jeremy mordillait la belle queue, la léchait, la suçait, l'embrassait et finalement il en fit glisser la pointe entre ses lèvres. Elle était chaude, fraîche, ferme et bonne ! Il suça le sexe, le faisant lentement coulisser dans sa bouche, jusqu'à ce que son nez plonge dans l'épais buisson de poils pubiens et que la pointe du beau membre lui chatouille la glotte. D'une une main Jeremy caressait le pubis du garçon et de l'autre, il lui malaxait les fermes testicules.
"Oui, c'est bien ! Suce-la moi toute, oui !" dit le skinhead, content.
Jeremy aimait cette sensation. Il aimait aussi cette odeur musquée, ce parfum d'homme, et se sentait envahi d'agréables vibrations. "Oui," pensait-il," je vais lui donner un orgasme comme il n'en a jamais connu..." et il fit de son mieux pour donner du plaisir à ce garçon qui pensait profiter de lui...
"Oui, comme ça... vas-y... oui... suce bien..." criait presque le skinhead avec un plaisir croissant. "Prends tout... oui ! Enfonce-la dans ta gorge ! Oui, tout ! Tout !"
Le skinhead commença à trembler, d'abord légèrement, puis avec une force croissante, presque avec violence, et enfin déchargea dans une série de contractions sauvages, en criant à chaque spasme "Bois ça !... Avale ! ... Toute ma charge !...Bois !... Ouiiiii !... Bois tout ! ... Comme ça ! ... Ouiiiiii..."
Jeremy pensa que c'était doux, savoureux, bon... il en avait besoin... il se sentait heureux... enfin !
Le skinhead recula de quelques pas, retirant sa queue de la bouche avide du garçon. Il la remit en place dans son pantalon qu'il referma, en regardant Jeremy encore à genoux sur le sol. Sans un mot, le skinhead se tourna pour partir. Mais pendant que Jeremy, un peu étourdi par la rencontre rapide mais intense à peine terminée, se relevait, l'autre se retourna vers lui.
"Au fait, c'est quoi ton putain de nom?"
"Jeremy."
"Quel nom de merde. Jerry, c'est mieux. C'est pas la première fois que le fais, non ?"
Jeremy ne répondit pas, pas sûr de ce qu'il valait mieux répondre.
L'autre sembla ne pas s'en apercevoir et continua. "Je suis Derek, mais tout le monde m'appelle Drake. A la prochaine, mec !" et il disparut aussi vite qu'il était apparu.
Jeremy remit ses affaires dans son sac et reprit son chemin, savourant encore dans sa bouche le bon goût du sperme du skinhead. Dans le pantalon son membre palpitait avec force, dur, complètement érigé. Il s'arrêta de nouveau, s'adossa contre un mur, ouvrit sa braguette et la sortant, se mit à se masturber en se rappelant l'agréable sensation de la chair dure qu'il avait juste avant dans la bouche, pendant ces très agréables minutes.
En peu quelques secondes son sperme jaillit et s'écrasa sur le pavé dans un silencieux arc nacré.
"Oh, Drake, j'espère te revoir vite... Je l'espère vraiment..." dit-il à mi-voix dans la ruelle déserte. Puis il se rhabilla et rentra chez lui.