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histoire originale par Andrej Koymasky


pin MEMOIRE CHAPITRE 7
UNE JOURNÉE D'AUMOR INTENSE

Au matin Nicolas se réveilla à nouveau seul dans le lit, mais cette fois sans la moindre appréhension. Il regarda sa montre, il était huit heures et quart. Il se leva et il sentait son cœur chanter dans sa poitrine, il se lava, s'habilla et alla au séjour. Gilberto n'y était pas.

Céline l'accueillit avec son habituel grand sourire : "Gilberto est descendu acheter des croissants chauds pour le petit déjeuner. Il voulait te réveiller en rentrant..."

Nicolas chercha dans le regard de Céline la trace de la connaissance de ce qui était arrivé entre Gilberto et lui, la nuit passée.

Céline devina le sens du regard interrogateur de Nicolas et elle lui dit : "Oui, Gilberto m'a dit et je suis contente pour lui. Et pour toi, bien entendu."

"Il t'a dit... tout ?" lui demanda-t-il en s'asseyant à côté d'elle.

"Non, aucun détail intime. Ils n'appartiennent qu'à vous. Mais il m'a dit qu'il était amoureux de toi et toi de lui et que vous vous l'étiez dit en faisant l'amour. C'est tout."

"Et... il était comment, lui ?"

"Gilberto ? Heureux ! Ses yeux brillaient comme jamais... Il avait l'air d'avoir rajeuni de dix ans, j'ai cru revoir le Gilbert plein de joie de vivre que j'ai rencontré il y a si longtemps. Même si par hasard il ne devait pas retrouver la mémoire, ou pas complètement, cette nuit Gilberto a recommencé à vivre pleinement, intensément. Et c'est magnifique et c'est à toi qu'il le doit."

"La mémoire... oui, c'est la seule chose qui me... trouble. Enfin, plus tant après ce que Gilberto m'a dit cette nuit, mais je n'arrive pas à ne pas y penser."

"A quoi ?" demanda Céline, attentive.

"Si... s'il retrouvait la mémoire et se souvenait d'un amour passé et qu'il se sente encore amoureux de l'autre... femme ou homme..."

"Et que ferais-tu, toi ?" demanda-t-elle.

"Et bien... j'essaierais de me mettre en retrait, pour ne pas lui poser de problèmes... mais je sais que ça me coûterait beaucoup, désormais. Avant, quand je pensais qu'il n'était pas comme moi, qu'il n'était pas attiré par un homme, ou du moins pas par moi, il m'était assez facile de ne pas me mettre en avant, de cacher mes sentiments et mon désir pour lui, de ne pas espérer, de ne rien tenter, de ne pas me faire d'illusions. Mais maintenant... je le ferais encore mais je sais que ce serait bien moins facile, bien plus douloureux qu'avant. Bien sûr, je l'aime, je l'aime vraiment et c'est pourquoi je saurais m'éclipser pour son bonheur, mais..."

"Tu sais, Nicolas, je crois que maintenant je peux t'en parler..." dit Céline avec un sourire.

Elle posa une main sur la sienne, dans un geste affectueux. Nicolas se fit attentif, il sentait qu'elle allait lui révéler quelque chose de très important.

Céline commença : "Je connais Gilbert depuis de nombreuses années. Nous nous sommes rencontrés à Paris. Il prenait de courtes vacances après son diplôme et avant de chercher un travail. Je faisais des dessins à Montmartre et je les vendais pour vivre, comme tous les jeunes rêveurs qui se croient artistes... J'avais été frappée par ce beau garçon qui regardait partout, l'air absorbé et fasciné, et dont les yeux étincelaient de joie de vivre, alors j'ai fait son portrait.

"Puis je me suis approchée de lui et je lui ai demandé s'il voulait me l'acheter. Il m'a souri et m'a dit que mon portrait était très beau et ressemblant, mais que malheureusement il avait bien peu d'argent et que s'il me l'achetait il lui faudrait écourter de deux jours ses vacances parisiennes.

"Quelque chose m'attirait, chez Gilbert. Oh, pas physiquement, même s'il était très beau garçon. Non, quelque chose dans son regard, dans son sourire. Alors je lui ai dit : écoute, n'interprète pas mal mes mots, je ne te propose pas de baiser avec moi (là, il m'a regardée, surpris, sans comprendre où je voulais en venir) mais si tu veux, tu peux venir dormir chez moi, et comme ça tu pourras rester à Paris un peu plus longtemps en économisant l'argent de l'hôtel. Mais il faut que tu m'achètes ce portrait, parce que c'est le meilleur que j'ai jamais fait et que si je ne vends pas celui-ci, autant que j'arrête de dessiner et que je change de métier.

"Il m'a souri et me l'a acheté. Alors je lui ai dit : bien, voici mon nom et mon adresse. Sois-y ce soir à neuf heures avec tes valises. Il m'a répondu : peu importe, je renonce volontiers à deux jours à Paris, puis il m'a fait un clin d'œil et il est parti. Mais deux soirs plus tard on s'est retrouvés par hasard dans un café près de Notre Dame. On s'est tout de suite reconnus et on a commencé à bavarder.

"Gilbert m'a dit : je regrette, demain soir je dois rentrer en Italie. Tu ne pourrais pas rester encore un peu ? je lui ai demandé. Il a dit : J'aimerais bien, mais je suis à court d'argent. Alors j'ai dit : Et mon offre ? Elle tient toujours. Il a d'abord fait des manières, dit non merci, mais j'ai insisté et il a fini par accepter. Alors on est allés à l'hôtel chercher ses bagages et je l'ai emmené chez moi. Je lui ai montré où dormir, dans la mezzanine, loin de ma chambre. Et il m'a dit : mais c'était donc vrai que tu ne voulais pas coucher avec moi ? Je lui ai demandé : déçu ? Il m'a dit : non, au contraire... tu es charmante mais je n'avais pas vraiment envie. Il est resté cinq jours chez moi et ce fut le début de notre amitié.

"On ne se voyait pas tous les ans, mais presque, surtout depuis que je suis venue à Lyon. Puis, il doit y avoir trois ans, j'ai rencontré sa fiancée, Silvia. Elle ne m'a pas plu du tout, dès que je l'ai vue. Et plus je la connaissais, moins elle me plaisait. Elle n'en avait qu'à l'argent de Gilbert. Alors je le leur ai dit, à tous les deux. Silvia a réagi en vraie vipère, elle m'a crié que j'étais jalouse parce que son Gilbert, n'avait même pas voulu me baiser ! Gilbert lui a dit de se taire et de ne pas dire de conneries, puis il m'a dit : oui, Céline, si elle en veut à mon argent comme tu le crois, elle peut bien le prendre, après tout ce n'est que de l'argent... Mais il ne l'a pas quittée.

"J'étais vraiment stupéfaite qu'un homme comme Gilbert puisse être avec une garce comme Silvia. Je n'arrivais pas à comprendre, mais à l'évidence Gilbert semblait trouver en elle quelque chose de valable que je n'arrivais pas à voir. Aussi n'ai-je plus abordé le sujet, j'avais fait mon devoir en lui disant ce que je pensais, il lui revenait désormais de prendre ses décisions sans que je lui casse les couilles.

"Silvia ne voulut plus jamais me voir, aussi Gilbert venait-il me voir seul. Mais un jour il est venu chez moi avec Angelo, le petit frère de Silvia, dont il était l'ami. A leur premier passage Gilberto avait trente ans et Angelo vingt-quatre. Ils dormaient là où tu dors avec Gilberto et où avant Gilberto dormait avec Silvia, puisque c'est le seul autre lit chez moi.

"J'ai tout de suite réalisé, dès leur premier passage, qu'entre Gilbert et Angelo il y avait plus qu'une simple amitié. J'ai aussi compris qu'ils tombaient amoureux l'un de l'autre, mais aucun de deux ne semblait s'en rendre compte. Le fait est que, à ce que j'en sais, aucun des deux n'avait jamais eu d'expérience avec un autre homme ni jamais éprouvé, consciemment, d'attirance physique ou sexuelle pour quelqu'un de son sexe. Aussi ne savaient-ils pas mettre un mot sur l'amour qui les poussait l'un vers l'autre et, de bonne foi, ils l'appelaient amitié.

"C'est à cette époque que j'ai offert à Gilberto ce livre, celui avec les comédies de Molière, où j'ai souligné cette phrase. Il ne s'est, à ma connaissance, jamais rien passé entre eux, j'en suis sûre, je l'aurais lu dans leurs yeux dès le lendemain, comme je l'ai lu dans vos yeux hier matin, après ce qui s'est passé entre vous.

"Mais environ un mois avant son accident, Gilbert a décidé, d'aller avec Angelo à l'opéra aux arènes de Vérone. Une fois en ville, ils ont cherché une chambre d'hôtel mais la seule libre qu'ils aient trouvée avait un lit matrimonial. Ils avaient déjà souvent dormi ensemble dans le même lit, chez moi, alors ils l'ont prise sans aucun problème. Mais cette nuit, par une étrange alchimie du destin, leurs corps leur ont fait comprendre ce qu'ils éprouvaient depuis longtemps l'un pour l'autre... Angelo a fait le premier pas et Gilberto a aussitôt accepté, et ils ont fait l'amour, pour la première fois ils se sont unis.

"Dans un premier temps ils en furent tous deux heureux. Le lendemain Gilberto m'a appelée pour me le dire, je le sentais serein et même content. Ils avaient réalisé être amoureux l'un de l'autre et ils l'ont sereinement accepté. Ou du moins l'ai-je cru. Parce que malheureusement Angelo est un garçon affectivement très immature... très différent de toi. Leur relation s'est poursuivie près d'un mois, mais si Gilberto l'avait accepté avec une sérénité réfléchie (grâce à quoi il s'éloignait de Silvia) Angelo était de plus en plus nerveux, hésitant, il se morfondait de culpabilité.

"Silvia ne s'était pas résignée à avoir perdu Gilberto, enfin son argent. Elle se doutait que quelque chose éloignait Gilberto d'elle et que ce quelque chose avait à voir avec son frère Angelo. Alors elle a mis la pression sur Angelo jusqu'à arriver à lui faire tout avouer. Puis, à ce que j'ai pu reconstituer, elle doit avoir menacé et Angelo et Gilbert de faire éclater le scandale.

"Angelo a vite craqué, il a fait une dépression et il a décidé d'aller vivre en Belgique ou sa sœur Silvia, toujours elle, lui avait trouvé du travail. Gilberto, furieux, a fait une scène à Silvia. Je ne sais pas ce qu'ils se sont dit. Gilberto m'a appelée juste avant d'aller lui parler...

"Et puis je n'ai plus eu de nouvelles... jusqu'à ce que je reçoive cette lettre où Gilberto me racontait son accident de voiture et son amnésie, il me parlait de toi et disait vouloir me rencontrer. Quoi que Silvia ait pu raconter à Gilberto, je suis sûre que cela l'a tellement retourné que ça a causé son accident.

"Quoi qu'il en soit, vous êtes venus me voir, disais-je, et je t'ai rencontré. La vieille commère que je suis a tout de suite compris que tu étais attiré par Gilberto et que tu en étais complètement conscient, parce que j'ai remarqué que tu faisais tout pour ne pas le lui laisser voir. Et je me suis dit : si ce sont des roses, elles fleuriront. Mais je t'avoue que j'espérais qu'elles fleuriraient, parce que tu me plais beaucoup.

"Gilberto, après cette première nuit avec Angelo, avait fait son choix. Il avait compris qu'avec Silvia, ou avec d'autres avant elle, il ne le faisait que parce que "ça se fait" et parce que c'était quand même un soulagement physique dont il avait besoin. Mais il savait maintenant qu'en fait il se sentait pleinement réalisé qu'avec un homme. C'est sa relation avec Angelo qui le lui avait montré. Il comprit enfin que le sexe, le désir et l'amour pouvaient être une seule chose, pouvaient être offertes à la même personne, ce qui, me dit-il, était merveilleux.

"Quand vous êtes venus ici, j'ai compris qu'il ne fallait pas que je lui parle d'Angelo, ni du sexe, il devait le redécouvrir lui-même et décider lui. Et je ne pouvais pas non plus t'en parler à toi, parce qu'il fallait que ce soit lui qui fasse le premier pas, qui te le dise, cette fois-ci. Je savais que tu accepterais sans problème, tout comme ce fut le cas."

"Mais alors... il est peut-être encore amoureux de..." dit Nicolas la voix voilée de préoccupation.

"D'Angelo ? Non, mon ami. Dans ce dernier appel il s'est dit profondément déçu par le garçon, par sa fragilité, par sa fuite et que tout l'amour qu'il avait cru éprouver pour lui s'était subitement et misérablement effondré. Alors, même s'il retrouvait la mémoire, tu peux être tranquille : rien ne changera entre vous, au contraire, par comparaison il t'estimera et t'appréciera encore plus qu'avant."

"Tu lui as parlé de tout ça, ce matin ?"

"Non. Et je n'ai pas l'intention de lui en parler. Gilberto n'a pas besoin qu'on lui raconte son passé. S'il le redécouvre, ce doit être tout seul, de lui-même."

"Mais, peut-être que... peut-être qu'un stimulus externe pourrait réveiller en lui..."

"Non, mon ami. Des stimuli externes il en a eu et il en aura encore beaucoup : sa rencontre avec Silvia, puis avec moi, ici... et avec ce lit. Non, je crois qu'il faut laisser du temps au temps. Ne désespère pas, mais ne te fais pas non plus d'illusions. Attends, comme toi et moi avons fait jusque là."

Gilberto arriva. Il salua Nicolas d'un baiser sur les lèvres, devant Céline. Il prirent le petit-déjeuner ensemble.

Puis il dit : "Céline, que pouvons-nous faire pour célébrer cette merveilleuse journée ?"

"Et bien... voyons..." dit-elle en réfléchissant. "Oui, on pourrait... mais ça dépend, vous voulez de l'intime ou du solennel ?"

"Moitié moitié, dit Gilberto en regardant Nicolas qui confirma d'un sourire.

"Bon, alors on va à Pérouge. On peut y être en une heure et demie avec ma voiture, ou un peu moins avec la tienne. C'est un village enchanteur, il s'est arrêté en 1 500. On y mange très bien, il y a un excellent vin local qu'on ne trouve nulle part ailleurs et, si vous voulez... on pourrait même y passer la nuit. Il y a des auberges accueillantes et propres où on se croirait à la fin du moyen-âge. Qu'en pensez-vous ?"

"Parfait, je crois, même l'idée d'y passer la nuit. On se prépare tout de suite et on est partis, comme ça on peut arriver avant le déjeuner." répondit Gilberto, fiévreux. "Viens, mon amour, allons nous préparer." dit-il alors à Nicolas en le prenant par la main et il l'emmena dans leur chambre sous le regard attendri de Céline.

Une fois dans la chambre Gilberto serra Nicolas dans ses bras : "Tu es content, Nicolas ?"

"Je crois rêver, mon amour. Tout est si beau, si... bien, parfait !"

D'un commun accord, sans s'être parlés, ils mirent tous deux leurs plus beaux habits, et quand ils revirent Céline, elle s'exclama : "Que vous êtes élégants, les garçons ! Les italiens sont toujours élégants, mais vous deux... là je ne tiens pas la route."

En fait, elle aussi, sans y réfléchir, s'était habillée avec élégance, comme en hommage au bonheur de ses deux amis.

Une fois à Pérouge, ils réservèrent tout de suite leurs chambres, une matrimoniale et une simple. Céline et Gilberto rirent quand le concierge leur remit à eux la clé de la matrimoniale et celle de la simple à Nicolas, mais ils ne dirent rien. Mais, à peine sortis, ils échangèrent les clés. Nicolas comme Gilberto observa le village les yeux écarquillés, ils se montraient l'un à l'autre mille détails intéressants, pendant que Céline les guidait en connaisseuse.

"Nous sommes déjà venus ici ?" lui demanda Gilberto à un moment.

"Non, jamais." répondit Céline.

"Parfait. Je suis content que ce soit la première fois, et avec Nicolas. Ces sera un souvenir à nous et juste à nous." conclut-il, satisfait.

Nicolas fut heureux de ces mots.

Ils passèrent la journée à visiter le village, ses magasins d'artisanat et à faire des achats. Ils déjeunèrent et dînèrent dans deux restaurants différents. Le soir, ils se retirèrent enfin dans leur chambre.

Quand ils furent ensemble près de leur grand lit, de ce lit matrimonial tentateur, ils se serrèrent fort.

"Enfin..." soupira Nicolas, "Toute la journée j'ai désiré ce moment, j'en ai rêvé."

"A qui le dis-tu, mon amour !" répondit Gilberto en l'embrassant profondément.

Nicolas se mit à déshabiller son amant. Ses mains tremblaient presque d'émotion et de ce rite que, pour la première fois, il accomplissait avec l'homme qu'il aimait. Gilberto aussi se mit aussitôt à déshabiller son amant. Leurs corps frémissaient, en proie à un désir profond et croissant. Avec une douceur hâtive, ils s'étendirent sur le grand lit et s'admiraient l'un l'autre, se caressaient, se cherchaient. Ils avaient allumé toutes les lampes de la chambre pour mieux jouir de la vue de l'autre.

"Tu sais que ce beau membre dur me fait brûler de désir, mon amour ?" dit Nicolas en le lui caressant, "J'ai hâte de pouvoir l'avoir tout en moi, pour me sentir complètement à toi." ajouta-t-il et il se pencha pour l'embrasser.

Quand ils furent tous deux excités à en craindre de ne plus pouvoir se retenir, Gilberto fouilla des doigts entre les fesses de son amant.

"Je te veux..." dit-il d'une voix basse, chaude et rauque d'envie.

"Oui, mon amour, prends-moi..." répondit Nicolas, plein de désir.

Gilberto allait se mettre derrière lui, mais Nicolas le retint : "Prends-moi par-devant, mon amour. Je veux voir ton visage pendant que tu jouiras de moi." lui dit-il en se couchant sur le dos.

Nicolas releva les jambes qu'il plia sur sa poitrine, il écarta des mains ses petites fesses fermes et révéla son petit trou frémissant. Gilberto comprit ce qu'il devait faire et s'approcha. Puis il regarda ce beau petit cul écarté et tendu pour l'accueillir et, d'instinct, il se pencha, l'embrassa, le lécha, sa langue fouilla dans le profond sillon, trouva le bouton tendre et l'agaça, le saliva, le prépara jusqu'à ce qu'il comprenne au frissons de son amant qu'il ne pourrait pas attendre plus.

Alors il se redressa, remplaça sa langue par son beau sexe, dur comme jamais, et il commença à le pousser dans le chaud canal d'amour de Nicolas. Après une première légère et douce résistance, il le sentit s'ouvrir et accueillir en lui son hôte chaud et palpitant. Il s'enfonça doucement, plongea en lui avec joie, et il sentit qu'à nouveau arrivait le miracle de la plus intime, la plus douce et la plus belle union entre deux corps. Il lisait dans les yeux lumineux de son amant la joie, l'acceptation, le don de soi et cela le faisait se sentir d'une part plus viril que jamais, mais aussi plus tendre que jamais. Il pénétra Nicolas sans hâte, dans un merveilleux équilibre entre vigueur et douceur.

Nicolas se sentit s'ouvrir, envahi, rempli peu à peu par ce membre convoité qu'il commençait à très bien connaître, et il s'offrit entièrement à cette pénétration si attendue. Il le sentait glisser en lui, dur comme le granite mais doux comme la plus tendre des caresses. Il le sentait entrer en lui, tendu et frémissant et il en accompagnait la lente mais inexorable progression dans des palpitations d'intense plaisir.

Il lisait dans les yeux de l'homme qu'il aimait tendresse et désir, dévouement et jouissance et lui aussi il sentit à la fois plus mâle et plus vivant que jamais.

A présent Gilberto martelait en lui avec de très plaisants coups calibrés et chaque coup leur faisait gravir un échelon de l'échelle du plaisir mutuel. Nicolas eut la pensée fugace que nul jusque là ne l'avait pris ainsi : ce n'était pas une question de technique, d'expertise. C'était une question... d'amour !

Les autres, avec lui, le prenaient seulement. Gilberto était le premier qui, en le prenant, se donnait totalement. Cela rendait l'acte bien plus beau, et même sublime. La jouissance était plus qu'un plaisir intense, c'était l'extase. Le visage de son amant était transfiguré, lumineux, magnifique.

Ils firent longuement l'amour, sans hâte, ils alternaient des moments de joie et de fougue et d'autres de bonheur calme. Quand tous deux atteignirent le sommet du plaisir, ils s'y abandonnèrent avec bonheur. De la chambre, la lueur des lampes se fit plus radieuse, l'air plus léger et pur, tout vibra à l'unisson de leurs émotions dans un feu d'artifice de sensations et de couleurs rutilantes.

Et, comme dans un feu d'artifice, la splendide et vivace explosion retombe lentement après en pluie d'or et s'étiole peu à peu, de même leurs corps unis, après l'explosion des membres enflammés, se détendirent tout doucement dans une douce symphonie de sensations de plus en plus légères.

La ferme étreinte se mua en tendre enlacement, et seule la lumière de leurs yeux inondés de bonheur restait pour témoigner de la beauté de ce qui s'était passé.

"Qu'il est merveilleux de pouvoir dire de tout son corps : je t'aime !" murmura tendrement Gilberto.

Nicolas le caressa doucement : "Oui, mon amour, c'est vrai..."

Ils restèrent de longues secondes couchés, en silence, chacun écoutait le cœur de l'autre battre au rythme profond et solennel de l'apaisement du désir. Un apaisement momentané, bien entendu. Et, ils échangeaient de brèves phrases de tendresse, de doux et tendres baisers, de légères caresses, quand en eux deux le feu assoupi de la passion recommença à brûler avec des flammes de plus en plus fortes.

"Nicolas... je voudrais que ce soit toi qui me prennes, maintenant..." murmura Gilberto, plein de désir.

"Non..." dit doucement le garçon, "Je... je ne l'ai jamais fait. Et puis, si tu n'y es pas habitué... ça te ferait mal. Moi ça me va comme ça, j'aime être à toi, je ne sens pas le besoin de le faire."

"Mais moi si. J'ai besoin de te sentir en moi. Donne-moi cette joie, je t'en prie."

"Je ne l'ai jamais fait... je ne sais même pas si j'y arriverais..."

"Je t'en prie !" insista Gilberto.

"Et puis... c'est presque sûr, tu auras mal..."

"Je t'en prie..." répéta-t-il encore.

Nicolas lut une prière du fond du cœur dans les yeux de son amant plus que dans ses mots et il sentit qu'il devait la satisfaire, qu'il ne pouvait pas se dérober. Il se mit à genoux sur le lit. Gilberto en profita pour prendre entre les lèvres, en bouche, son beau membre dressé et le faire devenir encore plus dur et fort. Quand le sexe se mit à palpiter, à vibrer fièrement érigé et bien salivé, Gilberto se mit à quatre pattes et s'offrit, heureux, à cette prodigieuse arme. Nicolas lui posa les mains sur les hanches et s'approcha. Gilberto guida en lui son membre glorieux.

"Prends-moi..." le supplia Gilberto, plein de désir.

"Oui..." répondit Nicolas en se mettant à pousser contre le trou étroit et couvert de salive.

"Pousse, mon amour... n'aies pas peur... pousse..." l'encouragea-t-il en tendant le derrière vers lui.

Nicolas saisit dans sa main la base de son sexe, en appuya la pointe contre le trou et tâcha de vaincre l'inconsciente résistance.

"Allez, plus fort !" l'encourageait Gilberto.

"Je ne te fais pas mal ?" demanda le jeune homme, encore hésitant.

"Non, non... pousse... je te veux... prends-moi..."

Nicolas se concentra, concentra son énergie et donna un premier coup décidé. Il sentit comme une brève tension, puis il se sentit entrer et son gland fut bien enfilé dans le trou étroit et palpitant.

"Comme ça, c'est bien... tu entres... allez, encore un coup..." l'encourageait-il.

Nicolas obéit et donna un autre coup, un coup de reins décidé et il glissa en lui sur le tiers de la longueur de son sexe. Il sentait un feu intense l'envahir en entier et il poussa encore et encore, avec vigueur, jusqu'à ce qu'il soit solidement fixé dans ce chaud et palpitant canal d'amour. Gilberto râlait de plaisir.

"C'est bon, Nicolas. C'est magnifique de te sentir en moi. Allez, va, mets-moi, maintenant. Fais-moi sentir que tu me veux, que je suis ton homme, que je suis vraiment à toi et tout à toi."

Nicolas n'avait plus besoin d'encouragements, de prière. Il se lança dans une sorte de galop frénétique, comme un jeune poulain enfin libéré de ses brides. Ils gémissaient tous les deux doucement, de plaisir et d'excitation. Nicolas tâtonna pour trouver le sexe de Gilberto et sa main le trouva, dur et frémissant. Ils prenaient tous deux plaisir à cette vigoureuse chevauchée. Mais à un moment Nicolas sembla se calmer, ralentit son rythme, s'arrêta et se retira lentement.

"Qu'y a-t-il, mon amour, tu es fatigué ?" lui demanda Gilberto et il se tourna pour le regarder, une lueur de déception dans les yeux.

"Non, c'est que moi aussi je veux te prendre par devant, je veux te regarder..."

Gilberto s'illumina et changea vite de position, il se coucha sur le dos et releva les jambes sur la poitrine. Nicolas couvrit à nouveau de salive l'anus de son amant et son sexe à lui et il commença à pénétrer pour la deuxième fois son splendide amant. Cette fois ce fut un peu moins difficile que la première fois, et le garçon recommença à bouger d'avant en arrière dans l'homme avec une vigueur inchangée mais avec plus de calme.

Nicolas ressentait un plaisir incroyablement intense et l'évident plaisir que Gilberto aussi éprouvait ne fit que renforcer celui de Nicolas. Il jouit soudain et il fut stupéfait, ayant joui peu avant, par la quantité de jets dont il inonda les profondeurs de son amant, lequel à son tour jouit aussitôt à jets forts et abondants.

Nicolas, encore solidement ancré dans son amant, fit quelque chose qu'il n'avait jamais fait ni pensé faire avant. Il recueillit du doigt la semence blanche et tiède répandue sur la poitrine et le ventre de son amant et la porta à ses lèvres, plusieurs fois. Et elle lui sembla meilleure et plus enivrante que le meilleur vin.

Il sentit son sexe se retirer peu à peu des chaudes profondeurs de son homme et enfin il se coucha sur lui, accueilli dans les bras de Gilberto pendant qu'il l'accueillait dans les siens.

"Je ne t'ai pas fait mal ?" lui demanda-t-il peu après.

"J'ai énormément aimé."

"Mais je t'ai fait mal ?"

"Non. Je me sens juste un peu... sensible, mais apaisé et heureux. J'avais vraiment besoin de te sentir en moi, pour être sûr que tu es à moi... que je suis vraiment à toi." conclut-il avec une sorte de sanglot.

Nicolas sentit une trace de tristesse dans la voix de son amant et se releva pour le regarder, le cœur figé dans sa poitrine.

"Gilberto ! Qu'as-tu ? Que t'arrive-t-il ?"

"Rien." murmura-t-il, mais les larmes se mirent à couler sur ses joues.

"Comment, rien ? Mais tu pleures !" dit Nicolas, inquiet avant d'ajouter, préoccupé : "Je ne voulais pas, je ne voulais pas te faire mal..."

"Non, pas toi. Toi tu m'as donné la vie, l'amour. Pas toi, mon amour..."

"Mais alors... pourquoi tu pleures ? Pourquoi un air si... si endolori ?" demanda Nicolas, désolé et tremblant.

"Viens ici, mon amour, viens contre moi..."

"Oui, bien sûr... Mais..."

"Tu ne me quitteras jamais, n'est-ce pas ?"

"Non, jamais !" dit Nicolas, décidé.

"Tu... quoi qu'il arrive... tu te battras avec moi pour notre amour ?"

"Bien sûr. Si ce n'est pas toi qui me chasses, rien ne m'éloignera jamais de toi. Jamais."

"Nicolas ?" dit-il en se mettant à trembler.

"Oui, mon amour ?"

"A présent... A présent je me souviens... Je me souviens de tout !"


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