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histoire originale par Andrej Koymasky


pin AKIM, AKIM... TROIS

Il était plongé dans le calcul des moyennes trimestrielles quand Carla l'appela.

"Piero, ça te dit de venir déjeuner avec moi ?"

"En fait, je calcule les moyennes de mes élèves..."

"Allez, je promets de ne pas te prendre trop de temps. On va à une pizzeria derrière le Monte puis tu rentres direct, c'est promis. J'ai besoin de te parler."

"Des problèmes ?" demanda Piero, sincèrement inquiet.

"Non, juste pour parler, mais..."

"OK, tu passes ou je passe ?"

"Je passe dans vingt-cinq minutes."

Pendant qu'ils mangeaient leur pizza, Carla dit sur un ton de conversation qu'elle pensait être enceinte.

"Tu le penses ?"

"Oui, je n'ai pas eu mes règles."

"Peut-être n'est-ce qu'un retard..."

"Non, je suis très régulière. Et maintenant ça fait dix jours. Demain je vais faire un test de grossesse."

"Mais... tu es heureuse ou pas ?" demanda Piero.

"Heureuse."

"Et Beppe ? Tu lui as dit ?"

"Bien sûr. Il est heureux, lui aussi."

"Alors j'espère que ce sera vrai. Ça doit être bien d'avoir un enfant."

"Alors, qu'est-ce que t'attends ?" lança Carla.

Piero fut cloué de surprise par cette question. Il n'aimait pas beaucoup parler de sa vie privée, et puis les demandes incessantes de sa mère lui pesaient : "Quand vas-tu trouver une fiancée ? Quand vas-tu te marier ? Tu as vingt-six ans, maintenant, il faudrait y penser, non ?"

Il eut envie de dire à Carla qu'il n'aurait jamais d'enfant, parce qu'il était gay, mais il garda le silence.

Carla le regardait dans les yeux. Elle dit : "Qu'y a-t-il ? Un problème ?"

"Un problème ? Non..."

"Tes yeux... ils sont devenus si tristes tout d'un coup..."

"Tristes ? Mais non."

"Enfin... Nous sommes amis, non ? Si tu as un problème..."

"Merci. Aucun problème."

"Piero, je ne veux pas fourrer mon nez dans tes affaires, ni dans ta vie privée, tu le sais, mais... Enfin tu sais, chaque fois que j'effleure un sujet sur... sur ta vie privée, je vois ce voile de tristesse traverser ton regard, comme à l'instant..."

"Un voile ? Quel voile ?" demanda Piero en essayant de garder un ton dégagé.

"Comme s'il y avait quelque chose que tu voulais me dire mais... mais tu ne peux pas, tu n'y arrives pas...je ne sais pas... mais j'ai nettement cette impression, et toujours la même."

"Parfois..." commença Piero, mais il se tut.

"Parfois ?" l'encouragea Carla.

Piero la regarda et vit un sourire chaleureux et sincère, plein de vraie écoute, de douceur et il sut que oui, il pouvait bien prendre ce risque, il le devait. Au moins une fois, au moins avec une personne, un ami.

"Ce n'est pas facile, Carla."

"Qu'est-ce qui n'est pas facile ?" demanda-t-elle à voix basse.

"Ce n'est pas facile de s'ouvrir complètement à quelqu'un, de se laisser aller, d'abattre toutes les défenses, vraiment toutes. C'est déjà difficile au lit, je trouve, c'est difficile..."

"C'est vrai. Mais ... ça soulage. Je ne veux pas te forcer. Je veux juste que tu saches que je t'aime comme un frère, peut-être même plus qu'un frère. Et que je crois être capable d'écouter et de comprendre..."

Piero lui sourit, reconnaissant pour ces mots, mais encore incapable de lui expliquer le voile qui avait traversé ses yeux. Il lui était reconnaissant de ne pas insister, de le laisser libre, en restant silencieuse.

Et finalement il dit d'un seul trait !: "J'aime les hommes, Carla." Et à peine ces mots lâchés, son cœur s'arrêta et son souffle se suspendit, le Monde entier s'arrêta dans l'attente du verdict. Et le verdict arriva.

"C'est tout ?" demanda Carla avec un sourire doux.

"C'est tout..." murmura Piero et la Terre recommença à tourner, il respira et son cœur se remit à battre.

Carla ne dit rien, mais ses yeux et son sourire parlaient pour elle. Elle acceptait ce que Piero avait dit. Elle acceptait Piero comme avant : rien n'avait changé.

"Merci, Carla." Murmura-t-il dans un sourire timide.

"Mais de quoi ? Mais... tu es heureux ou pas ?" demanda-telle avec le même ton qu'il avait eu pour l'interroger sur sa grossesse.

"Heureux."

"Bien, c'est ça l'essentiel. Tu as un... petit ami, actuellement ?"

"Non. J'en ai eu un - deux, en fait. Mais c'est fini."

"Tu en as souffert ?"

"Un peu, surtout avec le second."

"Et aujourd'hui ?"

"Je vais bien."

"Bien." Ajouta-t-elle.

Ils recommencèrent à manger et parlèrent d'autre chose. Mais Piero était heureux.

Plus tard, alors qu'elle le raccompagnait chez lui, Piero lui dit : "Merci, Carla."

"De quoi ?" demande-t-elle, curieuse.

"De m'avoir accepté."

"Mais... c'est naturel, non ? Je t'aime bien, tu le sais."

"Bien des gens ont des préjugés, contre les gays."

"Mais je ne suis pas... les gens. Chacun a le droit sacré de vivre sa propre sexualité à sa guise tant qu'il ne fait de mal à personne. Et tu n'es certainement pas du genre à faire du mal à quelqu'un. Tu es doux, généreux, intelligent et bon..."

"Là, tu me gênes. Arrête ça..."

"Idiot ! C'est la vérité. Je n'arrive pas à t'imaginer en pervers qui va corrompre des adolescents."

"Les adolescents ne m'attirent absolument pas, mais les hommes, les adultes consentants..."

"Justement. Alors qui tu choisis ne regarde que toi, non ? Les gens peuvent être mesquins, c'est vrai... mais pas moi, grâce au ciel. Et je t'aime bien..."

"Moi aussi, Carla, je t'aime bien. Mais merci quand même."

Piero remonta à son appartement et recommença ses moyennes. Puis il les arrondit en fonction de l'application dont avait fait preuve chaque garçon. Certaines notes sous la moyenne furent rattrapées, d'autres pas, mais peu. Pas parce que Piero notait large, mais parce qu'il savait conduire, au cours de l'année, n'importe qui avec assez de bonne volonté à un niveau acceptable.

Il repensa à Carla et sourit en lui. La réaction de son amie lui avait fait du bien. Il était heureux d'avoir abattu ses défenses devant elle. Mais il savait qu'il avait de la chance, qu'il était rare de trouver quelqu'un comme elle, aussi ouverte et équilibrée. Très rare. La vraie estime qu'il avait pour Carla venait de doubler... et pas seulement parce qu'il était impliqué.

Après avoir fini ses moyennes, il regarda sa montre. Il décida de faire un tour au parc Valentino avant le dîner. Il alla jusqu'au village médiéval qu'il aimait, même si ce n'était qu'une reconstitution. Il se promena entre les boutiques.

Et il pensait à son premier homme.


Ce n'avait pas été Luigi.
Il s'appelait Gianni. Il l'avait connu en boîte, grâce à Marco. La première fois ils avaient juste échangé quelques banalités. Gianni était serveur au restaurant Saint-Georges, ici même au village médiéval. Un beau garçon de vingt huit ans, aux cheveux châtains clairs et soyeux, grand, comme lui, fin et réservé.

Il s'étaient revus cinq jours plus tard, encore à l'Ange Bleu. Ils avaient un peu dansé ensemble, mais sans se toucher. Gianni dansait bien et Piero prenait plaisir à le regarder.

"Tu es bon, j'aime ta façon de danser." Lui dit Piero en essayant de pousser sa voix plus fort que la musique.

"Je vais à une école de danse moderne..." dit Gianni presque sur un ton d'excuse, ce qui provoqua une bouffée de tendresse en Piero : comme il est différent de Marco, et de tous les autres, se dit-il. Ce n'est pas vantard : un bon point pour lui.

A leur troisième rencontre Gianni lui offrit un verre et ils passèrent la soirée ensemble, à discuter longuement. Et il découvrit que Gianni aimait la photo.

"Des nus ?" hasarda-t-il ?

Gianni sourit et fit non de la tête : "Des maisons, des arbres, des chemins... Des coins oubliés de tous, des vues inhabituelles. Enfin, les choses que tout le monde voit, mais devant lesquelles on passe tous les jours sans les remarquer et qui pourtant sont bien là, dans leur beauté... Rien que du noir et blanc."

"Comme les vrais artistes." Ajouta Piero.

"Et bien... le noir et blanc souligne l'essence des choses." Répondit Gianni.

Piero se dit que Gianni était beau et il sentit du désir. Mais Gianni ne lui avait pas laissé deviner qu'il le désirait, alors il ne se risqua pas à faire le premier pas. Ils retournèrent danser. Piero remarqua Luigi qui flirtait avec un garçon et il se dit que celui-là avait peut-être un endroit où aller, et il ressentit une pointe d'envie. Puis il regarda Gianni et il se demanda avec lequel il préfèrerait avoir sa première expérience, Gianni ou Luigi ? Il avait senti le désir de Luigi pour lui, même si ce soir il avait l'air de s'intéresser à un autre... il n'avait rien senti de la part de Gianni, même si ce dernier semblait maintenant ne s'intéresser qu'à lui...

"A quoi tu penses ?" lui demanda Gianni en se penchant vers lui pour qu'il puisse l'entendre.

Cette proximité fit frissonner Piero et il dit : "à toi."

"A moi ?" fit-il en écho, surpris.

"Oui, à toi. Tu me plais." Hasarda-t-il incertain.

Et il vit les yeux de Gianni se mettre à briller, et son visage s'illuminer d'un sourire doux et Gianni se pencha de nouveau vers et lui dit : "Toi aussi tu me plais. Beaucoup."

"Tu ne me l'as jamais dit..." protesta Piero, heureux.

"Je n'osais pas. Tu semblais n'avoir d'yeux que pour Luigi..."

"On sort d'ici ?" proposa Piero et il sentit son cœur s'emballer.

Gianni acquiesça en souriant. Ils dirent au revoir à leurs amis et sortirent. Ils marchèrent quelques minutes en silence, vers la Place du Château...

Puis Gianni dit : "Luigi m'a dit que... tu ne l'as pas encore fait..."

"C'est vrai mais... je veux le faire."

"Luigi cherche un endroit. Il dit qu'il sera ton premier homme..."

"C'est Luigi qui dit ça, pas moi."

"Tu n'es pas amoureux de lui ?"

"Je n'ai pas eu le temps, ni l'occasion, de l'être."

"C'est pour ça que je ne te disais rien, mais tu me plais beaucoup ... et j'ai envie de toi."

"Je suis là." Répondit simplement Piero, mais ces trois mots étaient une offre, ou plutôt une requête.

Gianni lui serra légèrement le bras et resta un instant silencieux.

Puis il dit : "Tu aimerais que ce soit ce soir, ou tu préfères attendre qu'on se connaisse mieux ?"

Piero sourit, ravi de cette délicatesse. Il y pensa un moment et répondit : "Ce soir. C'est une façon de mieux se connaître, non ? Mais je n'ai pas d'endroit. Et toi ?"

"Moi oui, pas luxueux, mais..."

"C'est loin ?"

"Non, place Carlina. C'est une mansarde, une seule pièce, mais toute à moi."

"Tu m'y emmènes ?"

Ils y allèrent. Ils grimpèrent le vieil escalier de pierre, sans doute l'ancienne entrée de service de l'hôtel particulier d'une famille noble, maintenant plutôt délabré. Gianni ouvrit une porte du long couloir étroit, passa la main pour allumer et se mit de côté : "Et voici, entre."

Le studio était petit, mais il plut tout de suite à Piero : tout était peint en blanc, la lumière tamisée se réfléchissait sur les murs et suffisait à bien se voir tout en restant douce et chaude. Pendant que Gianni refermait la porte derrière eux, Piero regarda autour de lui. Sous la lucarne, au centre de la pièce, il y avait un grand lit bas, recouvert d'un grand édredon bleu ciel brodé de légères décorations dorées. A côté du lit, des étagères basses supportaient ce qui semblait être des livres de photos, ainsi qu'une lampe, une petite stéréo et quelques objets. De l'autre côté, encore quelques étagères avec des bouteilles, des verres et des boites de couleur. Le mur en face du lit était couvert de cadre avec de photos noir et blanc.

"Elles sont de toi ?" demanda Piero en s'en approchant pour les regarder.

"Oui."

"Elles sont bien. Vraiment belles !" dit Piero admiratif.

"Merci."

"Tu ne les vends pas ?"

"Si, beaucoup ont été publiées. Certaines ont même eu des prix..."

Piero se retourna et se retrouva face à face avec Gianni. Leurs regards se croisèrent, magnétisés. Gianni mit les mains autour de la taille de Piero et l'attira doucement contre lui.

Leurs corps se collèrent l'un à l'autre et Piero sentit que Gianni était excité, il sentait son érection presser contre lui à travers leurs vêtements. Il en fut content et l'idée qu'il était la cause de cette érection l'excita à son tour immédiatement. C'était bon de se sentir désiré pensa-t-il presque avec gratitude.

Gianni l'embrassa sur la bouche et Piero savoura ce long baiser intime. Les mains de Gianni caressaient son dos, ses fesses et ses flancs à travers ses habits. Piero s'abandonna à ces caresses avec plaisir et commença timidement à explorer le corps de l'autre, qu'il sentait solide et frémissant.

"Je peux te déshabiller ?" lui murmura Gianni à l'oreille.

En faisant oui de la tête, Piero sentit la langue de Gianni lui titiller le lobe de l'oreille, puis descendre vers son cou. Puis sa main qui ouvrait un à un les boutons de sa chemise, lentement. Piero ferma les yeux et pensa que ce qui arrivait enfin était vraiment bon. Gianni sortit sa chemise du pantalon de manière à pouvoir passer la main sous les habits, sur sa peau nue, et courir sur son dos. Puis ces mains retirèrent la chemise, firent passer les manches et la laissèrent tomber par terre, puis elles soulevèrent son T-shirt et Piero leva les bras pour l'aider à le retirer. Alors Gianni baissa la tête pour lui sucer un téton et Piero frémit presque violemment sous l'intensité de cette sensation qu'il éprouvait pour la première fois.

Maintenant les mains de Gianni s'affairaient sur sa ceinture et Piero allait l'aider à l'ouvrir quand elle céda dans un "tac" sonore. Gianni ouvrit la braguette et caressa l'érection de Piero à travers le slip en coton distendu. Piero frémit encore. Les mains se glissèrent par les côtés entre l'élastique et sa peau nue et poussèrent vers le bas, le libérant à la fois du slip et du pantalon.

En descendant ses mains, Gianni s'accroupit devant Piero et quand son pantalon fut à ses chevilles, Gianni posa les mains sur ses deux fesses, approcha le visage du membre à présent libre qui pointait vigoureusement en avant, dur et frémissant et il l'embrassa, d'abord légèrement, ici et là, puis en y mettant aussi la langue.

Piero tremblait maintenant de la tête aux pieds, les yeux toujours fermés, le souffle toujours plus fort et plus court jusqu'à ce que Gianni écarte les lèvres et fasse glisser en lui le membre brûlant en entier. Piero grogna de plaisir, gémit et ouvrit les yeux. Il regarda et vit la tête de Gianni entamer un lent va-et-vient sur son sexe. D'instinct il mit les mains sur sa tête et commença à lui caresser les cheveux, les oreilles et le front, comme pour le remercier avec tendresse du don qu'il lui faisait.

Puis il lui murmura : "Déshabille-toi aussi, Gianni, amène-moi sur le lit... l'émotion... mes jambes vont lâcher ..."

"Ça te plait ?" demanda Gianni en le regardant d'en bas dans un sourire.

"Et comment !"

Gianni se détacha, l'aida à enlever ses chaussures puis son pantalon, qui resta au sol, emmêlé avec son slip, et il le guida vers le lit où Piero s'étendit sur le dos.

Gianni, debout, commença à se déshabiller, sans cesser d'admirer le corps de Piero : "Tu es beau, tu sais ?"

"Merci..." dit Piero gêné mais content et il regardait le corps de Gianni peu à peu dévoilé et il lui semblait magnifique, parfait et quand le sexe lui-même fut dévoilé, il le regarda fasciné. Il était en érection, dur mais, à la différence du sien, au lieu de pointer vers l'avant, il se courbait vers le nombril. Il était beau, pas trop grand, mais long et effilé, lisse, parfait.

Gianni avait les jambes poilues mais son duvet blond ne gênait pas Piero. Ses poils pubiens étaient frisés et épais, sa poitrine était glabre, sauf une petite touffe entre les tétons. Ses bras, glabres vers les épaules, devenaient velus vers les poignets.

Quand il fut complètement nu, Gianni lui demanda : "Tu veux que je baisse ou que j'éteigne la lumière ?"

"Non, non... je veux te voir : tu es beau !"

"C'est toi qui es beau. Tu me plais."

"Viens..." le supplia presque Piero, plein de désir.

"Oui, me voila..." répondit Gianni avec un sourire et il se pencha sur le lit et s'étendit sur le corps de Piero, plaquant ses jambes contre les siennes, poitrine contre poitrine, bras contre bras et leurs sexes en contact étaient coincés entre leurs ventres chauds et fermes. Et dans cette position, ils recommencèrent à s'embrasser.

Alors les jambes de Gianni entourèrent et serrèrent celles de Piero, ses bras passèrent sous son dos et le serrèrent et Piero se sentit enveloppé, prisonnier, et il adora la sensation.

Ils firent l'amour longtemps. Lentement mais intensément et Piero se laissa guider par son compagnon expert qui le porta à des sommets de plaisir insoupçonnés. Piero trouva merveilleux de faire l'amour, bien plus qu'il ne l'avait imaginé. Il se sentait très différent, plein d'énergie et d'une joie sauvage.

Enfin, la voix rauque, il supplia Gianni : "Jouissons..."

"Comment veux-tu jouir ?"

"Comme tu voudras toi..."

"Non, c'est ta première fois." Lui dit Gianni avec un sourire tendre.

"Je veux... que tu essaies d'entrer en moi, que tu me prennes."

"Tu veux vraiment ? Je ne voudrais pas te faire mal."

"Ça fait mal ?"

"Parfois, surtout les premières fois..."

"Mais après... c'est bon ?"

"Ça plait à beaucoup, mais pas à tous."

"Et toi ?"

"Moi, maintenant, j'aime beaucoup."

"Alors prends-moi, Gianni. Je veux que ce soit toi qui me le fasse le premier. J'ai confiance en toi."

Gianni lui sourit et fit oui. Il tendit la main et prit un tube de lubrifiant et une capote. Et Piero lui offrit sa virginité avec impatience.

A la fin Gianni s'étendit sur le côté, se mit à le caresser et lui demanda : "Je t'ai fait mal, n'est-ce pas ?"

"Oui, mais je suis content. Ça a quand même été magnifique, splendide... Merci, Gianni."

"Je ne voulais pas te faire mal..."

"Je sais, j'ai senti que tu essayais d'y aller en douceur, alors j'ai accepté la douleur du début. Et j'ai bien fait parce que je sais maintenant que ça en valait la peine. Et pour la première fois, j'ai joui sans même me toucher, j'étais si excité."

"Tu as joui en même temps que moi, non ?"

"Si, à peine j'ai senti que tu allais jouir en moi, j'ai explosé moi aussi. Et c'était... fantastique, crois-moi."

"Je te crois, ça a été pareil pour moi."

"Je suis le premier dont tu prends la virginité ?" demanda Piero avec un petit espoir dans la voix.

"Oui, tu es le premier. Et je t'en remercie. C'est un cadeau précieux que tu m'as fait, un cadeau qu'on ne peut faire qu'une fois dans sa vie."

"Et toi, à qui l'as-tu fait ? Non, pardon, si tu ne veux pas répondre..."

"Non, c'est sans importance. J'avais dix-sept ans. C'était le plus jeune frère de Papa. Il avait juste dix-sept ans de plus que moi."

"Et... c'était bien ?"

"Oui, parce que j'en avais envie depuis des mois. Il ne voulait pas. Jusque là nous n'avions fait que nous sucer l'un l'autre, on jouissait comme ça. Mais il a fini par céder et il m'a pris."

"Il t'a fait mal ?"

"Très, il l'avait plutôt grosse... mais c'est moi qui avait voulu, alors je ne me suis pas plaint, j'étais satisfait."

"Vous avez été amants ?"

"On était bien ensemble, il y avait de l'affection mais... non, pas amants. Et puis il était marié."

"Marié, mais il n'était pas gay alors ?"

"Il se disait bisexuel... mais je n'en sais rien."

"Il était beau ?"

"Et bien... pas très beau. Mais il était très sexy et il faisait très bien l'amour."

"Toi aussi tu le fais bien. Moi... j'ai encore beaucoup à apprendre..." dit Piero avec un sourire timide.


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